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Entrée du Musée

Le musée du Dodo

France Staub

France Staub
Photo du Blue Penny Museum.

France STAUB, né le 29 septembre 1920, fut invité par Jean Vinson à joindre la Société Royale des Arts et des Sciences en 1955. Il fut sollicité à en prendre la présidence en sept occasions: 1975, 1976, 1980, 1981, 1990 à 1992 et durant de nombreuses années, il fut membre du Conseil d'Administration. Très tôt, il fut heureux de faire partie de l'équipe de Jean Vinson, durant ses voyages de recherche aux Iles Mascareignes et dans les îlots du Nord acquérant une connaissance générale de l'Histoire régionale.

France Staub s'occupa de l'édition des trois derniers Proceedings de la Royal Society of Arts and Sciences, y ayant déjà publié ses recherches, telles l'influence écologique sur l'aspect du Dodo et, en partenariat avec Joseph Guého, la Faune et la Flore de Saint Brandon, ainsi que celles de l'Atoll d'Agaléga. Il est aussi l'auteur de trois ouvrages illustrés sur l'avifaune des Mascareignes. Il s'occupa aussi de reclasser les 30'000 feuilles manuscrites d'Histoire du Professeur Léon Doyen datant de 1876, aidé de M. François, Bibliothécaire de l'Institut et de Mlle Andrée Herbereau de la Chaise. Les 20'000 en bon état et reclassées sont en voie d'être digitalisées et transférées sur CD Rom.

Au point de vue artistique, il fut heureux de pouvoir compléter la galerie de tableaux de la Société avec les portraits de Julien Desjardins, de Jean Vinson, d'Octave Wiehe et de Robert Antoine.

Dr. Réginald Vaughan a bien voulu poser pour qu'il modèle son buste, qu'il a eu le plaisir d'offrir à la Société. 

Signalons qu'une liane porte le nom de Cynanchum staubii, une nouvelle espèce endémique de Maurice, connue seulement de l'Ile aux Aigrettes et observée pour la première fois en 1965 par France Staub.

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A l’écoute de la faune avec France Staub

France Staub n'est plus. Il s'en est allé, la veille des législatives du 3 juillet (2005), emportant avec lui ses histoires et ses anecdotes que ce conteur né n'avait pas son pareil pour raconter au moment opportun et avec son humour inégalable. Demeurent ses articles et ses interviews, telle celle donnée à Philippe Christian de l'Express en juillet 1980.

Cet ancien élève du collège Saint-Joseph (il en disait le plus grand bien) s'intéresse aux sciences de la terre au Collège d'agriculture, l'ancêtre de l'université de Maurice, où il étudie pen­dant trois ans avant d'aller s'initier à la chirurgie dentaire en Grande-Bretagne. Son esprit humaniste et scientifique s'ouvre grand alors aux connaissances biologiques et agronomiques désormais accessibles. Il faut dire qu'il dispose de pédagogues du calibre de Jean Vinson et de Gabriel Orian. Il les accompagne dans leurs randonnées en forêt. Il s'initie auprès d'eux à la connaissance de la nature et développe un véritable amour pour les sciences naturelles.

Au MSIRI, il fait la connaissance du Dr Reginald Vaughan, du Dr Octave Wiehe, de Joseph Guého, de Guy Rouillard. Il se liera aussi d'amitié avec Wahab Owadally, futur directeur des Bois et Forêts. Ensemble, ils arpentent sans cesse les coins et recoins de nos dernières forêts indigènes.

France Staub ne tarde pas à s'intéresser aussi à Rodrigues, à nos îles lointaines, à La Réunion voisine et aux Seychelles. Il accumule notes et papiers sur ses expéditions et découvertes. Il collabore de plus en plus aux activités de la Société Royale des Arts et Sciences, fondée en 1829. II commence à publier des articles et des livres sur la faune et la forêt des Mascareignes. Un de ses articles sur Trornelin paraît dans une publication du Smithsonian Institute de Washington. Il établit une corres­pondance suivie avec le Dr David Stoddart de l'Université de Cambridge. Un autre de ses correspondants, Francis Friedman, publie, avec son aide et celle de Joseph Guého, un livre extraordinaire intitulé: "Les plus belles fleurs des Mascareignes."

L'ornithologue amateur qu'il est nourrit la plus vive passion pour ce paradis d'oiseaux que pourrait être l'archipel Cargados Carajos (Saint-Brandon). II estime passionnante la faune de cet archipel et décrit les différents oiseaux, qui y nichent, avec autant de dévotion que le «Ravi» d'Yvan Audouard, récitant la litanie de la Vierge Marie, un soir de Noël ("Pastorale des Santons de Provence"). Il entre en extase, en effet, en décrivant les oiseaux de Saint-Brandon et quand il se met à mimer leur vol: la frégate, la petite frégate, la goélette blanche ou "zozo lavierze", la sterne rose, la "common noddy" ou "makwak", le "sooty tern" ou yéyé, le "lesser noddy" ou marianne, le fou bête, le fouquet. Il déplore la disparition du fou à pattes rouges. II bénit le nom d'un secré­taire colonial, Robert Newton, qui fait interdire l'exportation de nos oiseaux de mer.

France Staub raconte. Ces oiseaux sont des merveilles de la nature. Là, sterne rose de l'île Saint-Paul, d'un joli mauve rosé, au bec rouge relevé de noir. Son œuf est étonnamment bigarré. Il pond ses œufs à-même le rivage. Eléphant s'abstenir. France initie ici son auditoire à la marche sur la pointe des pieds pour éviter l'omelette et mettre ainsi en danger l'espèce. Ses yeux s'humectent de larmes quand il pense aux bébés requins venant happer les bébés sternes roses à l'heure du bain. Spectacle effrayant et désolant à voir. De quoi révolter ce cœur tendre mais soumis à l'esprit scientifique, devant s'accommoder de cette dure réalité biologique qu'est la loi de la jungle.

Il redoute les méfaits causés par l'homme en raison de la saveur de la chair du fouquet. Les Agaléens appellent cet oiseau le "taillevent". Son cri est terrifiant le soir. Le vieux pécheur Ellie Albert, lui explique que "name banne pésère noyés dans Saint brandon fine rante dans ça zozo-là ". D'où le frisson de terreur que déclenche son cri déchirant le silence de la nuit.

France Staub en veut à mort au "Rattus norvegicus" venu de quelque navire, qui fait souche et qui pullule à l'île Puits-à-Eau, cherchant qui dévorer parmi la gent aviaire. Il faudrait des chats sau­vages pour les exterminer. Mais comme ils bouffent aussi les oiseaux, le remède est pire que le mal. Les souris de I'île du Sud ne trottinent plus. Elles préfèrent sautiller comme des mini-kan­gourous pour éviter les lianes entravant leurs déplacements.

Il n'est pas tendre pour ce pirate aviaire qu'est, à ses yeux, la frégate. II s'attaque aux oiseaux tenant déjà un poisson dans leur bec, les obligeant ainsi à donner de la voix avec les consé­quences qu'on devine.

France Staub conclut ses histoires ornithologiques en narrant la mutinerie reprochée à un drôle d'oiseau, magistrat de son état, et à qui on reproche d'avoir été le complice de l'équipage du "Stella Mari" dans la démolition d'une vieille baraque contre l'avis du directeur d’exploitation de l’îlot Saint-Raphaël. Il fallait du bois pour la chaudière de ce rafiot. Ceci explique cela.

Yvan MARTIAL (L'Express)

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PUBLICATIONS BY FRANCE STAUB

Faune
Zosterops chloronothos s'apprêtant à boire
le nectar du Trochetia blackburniana.
Livre en vente au MSIRI, Réduit.

Staub, F., Guého, J. (1968). The Cargados Carajos shoals or St Brandon: resources, avi-fauna and vegetation./Proc. R. Soc. Arts Sci. Maurit/. 3(1): 7-46.

Staub, F. (1970). Geography and ecology of Tromelin Island, Coral Islands of the Western Indian Ocean. / Atoll Res. Bull /. 136: 197-210.

STAUB, F. (1973). Oiseaux de l'Ile Maurice et de Rodrigues. Port Louis: Mauritius Printing Company Ltd. 69 p.

Staub, F. (1973). Birds of Rodriguez island. / Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit. /4(1): 17-59.

Staub, F. (1976). Birds of the Mascarenes and Saint Brandon. Port Louis: Organisation Normale des Entreprises Ltée.

Friedmann, F., Guého, J., STAUB, F. (1979). Les plus belles fleurs sauvages des Iles Mascareignes. In: Cent-cinquantenaire de la Société Royale des Arts et des Sciences de l'Ile Maurice, 1829-1979. Mauritius : Royal Society of Arts and Sciences p.29-73.

Guého, J., STAUB, F. (1979). "Le Mondrain" Nature Reserve. In: Cent-cinquantenaire de la Société Royale des Arts et des Sciences de l'Ile Maurice, 1829-1979. Mauritius: Royal Society of Arts and Sciences p. 75-102.

Guého, J., STAUB, F. (1983). Observations botaniques et ornithologiques à l'atoll d'Agalega. /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit/. 4(4), 15-110. (Part I. Botanique/by J Guého, p. 15-85; Part II. Ornithologie/by F. Staub, p. 87-110)

STAUB, F. (1988). Evolutionary trends in some Maurian Phanerogams in relation to their pollinators./ Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit /. 5(1&2): 7-78

Staub, F. (1993). Julien Desjardins – 1799-1840. /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit./5(3): 1-10. (Conférence par France Staub à la Salle Bonâme, MSIRI, le 18 septembre 1990 pour commémorer le 150ème Anniversaire de sa mort).

Staub, F. (1993). Fauna of Mauritius and associated flora. Port Louis: Précigraph Limited. 103 p.

Staub, F. (1993). Faune de l'île Maurice et flore associée. Port Louis: Précigraph Limited. 103 p.

Staub, F. (1993). Guano birds, benefactors of the sugar industry in Mauritius . /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit./ 5(3): 55-70.

Staub, F. (1993). Requin bleu, calmar géant et cachalot. /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit./ 5(3): 141-145.

Staub, F. (1993). Dodo and solitaires, myths and reality. /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit/. 6: 89-122.

Staub, F. (2001). La belle Mandrinette au bois dormant. Weekend, Dimanche 14 janvier, pp 36.

STAUB, F. (2004). Palma mater. / Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit /. 7: 55-79

STAUB, F. (2004). Des Toc-Tocs avec le front et la gorge vivement colorés découverts à l'Ile d'Arros des Amirantes. /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit/. 7: 100-101.

STAUB, F. (2004). Visite à l'Ile Rodrigues des membres de la Société Royale des Arts et des Sciences (15-18 août 1997). /Proc. R. Soc. Arts. Sci. Maurit/. 7: 101-113.

Staub
Photo L"EXPRESS.

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