Revue des Traditions Populaires.
7e année. Tome VIII. - N°1. Janvier 1893.
 

Luth

Tortue Luth, Dermochelys coriaceaSource

Tigre, Tortue et Kariacou

Tigre, devenu grand, s'était marié et avait eu plusieurs enfants.

Un jour, pour célébrer la naissance de son petit dernier, il résolut de donner dans sa case une fête splendide. Il se rendit en conséquence à Cayenne, où dévalisant les boutiques des chinois1, il acheta une quantité énorme de provisions et des boissons de toutes sortes. Il savait, en effet, ses amis grands mangeurs, grands buveurs, en un mot gloutons comme lui-même.

Après quoi, il réquisitionna son jeune et joli neveu Kariacou2 pour l'aider à transporter chez lui les paniers, les boites, les caisses, les dames-jeannes, les bouteilles, les fioles de mille formes dont il s'était rendu acquéreur. Kariacou, un élégant, un délicat, aurait volontiers décliné la proposition. Mais le moyen de repousser la demande d'un oncle qui s'appelle Tigre, qui vous tient par les oreilles, qui vous parle avec des grondements sinistres et en roulant des yeux sanglants ?..

Le pauvre garçon donc, faisant bonne mine à mauvais jeu, déclara, le sourire aux lèvres, qu'il se trouvait trop heureux de cette occasion de rendre service à son oncle. Au fond de lui même, il espérait, — et cette pensée l'aidait à prendre plus gaiement la corvée, car le gaillard est un peu porté sur sa bouche, — il espérait, dis-je, que Tigre le récompenserait de ses peines en lui offrant quantité de bonnes choses. Hélas ! Son attente devait être déçue.

L'opération dura une journée entière. Elle se termina d'heureuse façon, sans bris aucun. Mais lorsque tout fut fini, Kariacou n'en pouvait plus: ses jambes fines tremblaient de fatigue, sa jolie têtes de gazelle tombait languissamment sur sa poitrine, et de grosses gouttes de sueur tachaient son pelage fauve pointillé de blanc.

Quand, vers le soir, le dernier colis fut rentré, son oncle l'envoya se mettre au lit sans même lui donner un tête de lézard avec un peu de couac3, sans même lui dire : gréméci! (grand merci). Kariacou fut froissé jusqu'au fond de l'âme de cette manière d'agir, et la pensée d'une vengeance commença de germer en lui.

Le lendemain, à la pointe du jour, le pignanouan4 venant à peine de pousser son premier cri, Tigre réveilla son neveu qui ouvrit les yeux de fort mauvaise humeur.

Il l'obligea à sauter de sa cabane et le prenant à part :

— Attention ! Lui dit-il; je m'absente pour deux jours, mille noms de noms! Car, vu la chose de la fête, j'ai un grand nombre d'invitations à faire, nécessairement. Ma femme garde encore le lit: c'est donc toi que je prépose, subséquemment, à la surveillance des enfants et de la maison, conjointement. Par dessus toutes choses, veille bien sur nos provisions. Si ton défaut de vigilance permettaità quelqu'un d'y toucher, ou si toi-même tu avais l'audace d'y goûter, sang et massacre! à mon retour je te couperais en quatre, vois-tu, je te pilerais dans un mortier, vois-tu, je te frirais à la poêle, vois-tu, et je te mangerais consécutivement. Ainsi ouvre l'œil, et le bon !... Ceci dit, tu peux rompre, et moi je file de mon coté. Arrrrche !..

Tigre parti, Kariacou demeura songeur.

— Il es bon, là, mon oncle, se disait-il avec mélancolie. Je le trouve gentil avec ses recommandations et ses menaces. Comment! je me sens encore tout courbaturé de la corvée qu'il m'a imposée hier, et sans même m'offrir une tasse de café ou un petit coup de sec5, il part en me défendant de toucher à quoi que ce soit! C'est de l'ingratitude et de l'inconvenance, ou je ne m'y connais pas. Mais mon oncle sera récompensé comme il le mérite. Ainsi que je l'ai entendu maintes fois répéter à ma tante Tortue: celui qui sème le vent récolte la tempête. Pour punir mon oncle de son avarice, de sa vilaine conduite à mon égard, je vais, pendant son absence, lui manger et lui boire le plus de bonnes choses que je pourrai. Quantà sa colère, je m'en ris. J'ai la finesse et la jugeote plus développées, les jambes plus agiles que les siennes, et je me trompe fort ou voici une excellente occasion de me moquer de lui une fois de plus. Or sus, assez délibéré: à l'assaut!

Aussitôt dit, aussitôt fait. En deux bonds, Kariacou sauta au premier étage, où toutes les provisions avaient été transportées. Mme Tigre, alitée, et ses enfants, occupaient le bas de la maison. Une fois installé au milieu des trésors gastronomiques accumulésà grand frais par son oncle, Kariacou éprouva un instant l'embarras du choix. Pour quelle friandise se déciderait-il d'abord? Il n'hésita pas longtemps. Comme le soleil montait à peine à l'horizon, c'était le moment du quimbé-cœur plutôt que d'un repas sérieux: notre gourmand accorda donc ses préférences à une boite de sardines aux tomates, puis à un pâté de foie gras truffé, enfin à une salade de chou maripa. Le tout fut généreusement arrosé d'abord de ce délicieux petit vin blanc que l'on trouve rue Christophe Colomb, et que l'excellent homme qui le vend appelle son “vin de curé”, puis de quelques verres de Frontignan dans lesquels Kariacou trempa négligemment l'un après l'autre, une cinquantaine de biscuits. Il termina cette légère collation en grignotant une livre de fruits cristallisés, et en faisant sauter le bouchon doré d'une bouteille de Champagne6.

Si le tigre avait pu voir de loin ce massacre, je crois qu'il en serait mort de colère. Peut-être Kariacou aurait-il poussé plus loin ses investigations et ses recherches comparatives dans ce qu'il appelait plaisamment la bibliothèque de son oncle, si une pensée généreuse ne l'avait subitement interrompu. Notre ami n'appartenait point à cette catégorie d'individus égoïstes qui aiment à manger et à boire solitaires. Non, non, ce vilain défaut n'habitait pas son cœur de Kariacou: c'était pour lui une joie de partager, surtout quand il partageait le bien d'autrui.

— A quoi pensè-je, s'écria-t-il, de dévorer seul tant de mets délicats!.. Je cours inviter ma cousine Tortue7.

Ses pieds légers le portèrent rapidement vers sa propre demeure, car la cousine en question habitait tout près de chez lui. Kariacou exposa la situation à Tortue, et l'engagea en termes pressants à venir sans retard se régaler aux frais de l'oncle absent. La Tortue dont il s'agit ici était encore toute jeunette; sans quoi son expérience lui aurait fait immédiatement repousser l'offre du cabri tentateur. Elle accepta, et les voilà tous deux en route pour la salle du festin.

Le retour se fit lentement, vu l'allure inégale des compagnons; mais enfin on arriva. On s'installa, et mis en appétit par la course matinale, on dévora un repas pantagruélique. Vous le décrire par le menu serait trop long, qu'il vous suffise de savoir que ce fut un véritable désastre pour les provisions de Tigre.

Après le déjeuner, qui dura jusque vers le milieu du jour, les deux cousins échangèrent mille joyeux propos, et tout en vidant mainte bouteille de bière, se posèrent un foule de ces questions-devinettes que l'on aime tant à la Guyane.

— Massac-massac,
— Kam8
— Qu'est-ce que c'est qu'un petit baril sans cercles, demandait Kariacou.
— Un œuf, mon cher, répondit Tortue de cette voix nasillarde qui distingue tous les membres de sa famille. Et, à ton tour, qu'est- ce que l'eau qui se tient debout ?
— La canne à sucre. Qu'est-ce qu'un petit poisson sous le pont ?
— La langue. Je suis ici, je suis là-bas ?
— L'œil. Bouche dans bouche ?
— Un chien qui mange dans une chaudière.

Et cent autres folies. Quand ils eurent épuisé leurs plaisanteries, le sommeil les gagna et ils se livrèrent aux douceurs de la sieste.

Le soir venu, nos compagnons essayèrent, sans trop y réussir, de réveiller leur appétit par l'absorption des apéritifs les plus variés. Vermouth, absinthe, madère et surtout le punch traditionnelle9, furent fêtés plus d'une fois. Après quoi l'on soupa tant bien que mal, et l'on passa une partie de la nuit à jouer aux cartes, sur lesquels on finit par s'endormir 10.

Dès lendemain matin, l'orgie recommença et se poursuivit jusqu'au jour suivant. Tortue et Kariacou avaient des têtes solides. Cependant je ne vous étonnerai pas outre mesure, je pense, en vous disant qu'après quarante-huit heures du régime adopté par eux, ils étaient parfaitement ivres. Au début, ils avaient pris cent précautions pour éviter tout bruit pouvant révéler leur présence; mais du moment où ils eurent perdu leur sang-froid, ils n'en observèrent plus aucune, et le tapage qu'ils faisaient ne manqua pas d'attirer l'attention de Tigre dès son retourà la maison.

— Ho, ho ! s'écria-t-il, qui donc est là-haut, nonobstant ?

La voix du terrible maître du logis dissipa comme par enchantement l'ivresse des deux complices: Les coupables devaient maintenant songer à éviter les effets de sa colère.

— Qui est là-haut, répéta Tigre.

C'est moi, mon oncle, répondit Kariacou. Et que fais-tu là ?.. J'ai entendu remuer des bouteilles, mille millions de pipes !

— Oui, mon oncle, je les visite l'une après l'autre pour voir si elles ne coulent pas.

— Et bien, descends dès que tu auras fini.

— Oui, mon oncle.

Il y eut un instant de répit. Tortue à moitié morte de frayeur, disait d'une voix tremblante à son cousin :

— Cache-moi, je t'en prie, Kariacou, cache-moi, ou sans cela il va me tuer.

Mais Kariacou, soit qu'il voulût faire le fanfaron, soit qu'une dernière fumée de vin l'empêchant de voir la situation sous véritable jour, répondit mille sornettes à son complice tremblant, lui demandant si ses favoris ne se trouvaient pas trop défrisés, et autres balivernes.

— Cache-moi, cache-moi, suppliait Tortue.

— Sang et massacre, hurla Tigre dont les fines oreilles avaient perçu un chuchotement, il y a quelqu'un avec toi là-haut Kariacou ?

— Oui, mon oncle, c'est Tor...

Tais-toi donc ! fit comme s'il ne l'entendait pas. Il venait de con cevoir, pour se sauver, un plan à la fois très simple et très hardi. Kariacou, donc, s'empara de Tortue malgré sa résistance, et la maintenant avec vigueur, il cria de plus belle :

— C'est Tortue qui est avec moi !

— Tortue ! Rugit tigre, en bondissant de fureur au seul nom de l'animal qu'il déteste, Tortue!... ah! Polissons, je suis certain que vous m'avez joué encore quelques mauvais tour. Mais vous n'en ferez plus, je monte!... C'est justement ce qu'il ne fallait pas. Le spectacle qu'offrait le plancher du premier étage, jonché de boites ouvertes, de paniers éventrés, de bouteilles vides, de débris de toutes sortes, aurait mis Tigre hors de lui, et une fois l'animal aux dents aiguë enfermé avec les coupables, ceux-ci étaient perdus sans rémission.

— Je monte ! Hurlait tigre.

— Pas la peine, mon oncle, riposta Kariacou, je vous envoie du monde !

Ce disant, il réunit toutes ses forces, et vlan! Il lança Tortue, comme un boulet, à la tête de Tigre. En même temps, il sauta légèrement à terre, et détala au plus vite. Tortue, grâce à l'épaisseur et à la solidité de son écaille, ne cou rait aucun danger dans un exercice de ce genre; mais il n'en était pas de même de Tigre, dont aucun bouclier ne protège le mufle. Il reçut en plein visage le projectile d'un nouveau genre qui lui était envoyé. Le choc fut si violent qu'il eut du coup une dent cassée, le nez en marmelade et un œil au beurre noir. Il poussa un hurlement de douleur, puis se remettant aussitôt, en bon soldat qu'il était, il se précipita sur Tortue.

Celle-ci, bien entendu, avait rentré toute sa personne dans sa maison. Rien ne dépassait: un bloc d'écaille, une pierre, la roche de Kariacou! De plus, Tigre remarqua qu'elle était sur le dos, position dans laquelle la fuite est impossible à la pauvre bête, tandis que Kariacou, déjà loin, filait comme une flèche.

— Toi, misérable créature, s'écria l'oncle tout saignant, je te retrouverai toujours. Je cours d'abord étrangler ton complice. Et il bondit à sa poursuite de son coquin de neveu. Celui-ci, heureusement pour lui, avait une grande avance, et le Tigre s'essouffla vainement à vouloir l'attraper. A bout d'haleine, il renonça enfin à se venger sur l'heure de Kariacou, et reprit le chemin de sa maison en se promettant de passer toute sa colère sur Tortue. Mais l'adroit amphibie, pendant le temps qu'avait duré la chasse infructueuse du Tigre, n'était pas demeuré inactif, et voici l'ingénieux moyen de salut que lui avait suggéré son imagination.

Certains conteurs assurent qu'en revenant, Tigre, de sa voix puissante, criait de loin à sa famille: Tenez bien Tortue, Kariacou m'a échappé!.. Mais on aurait entendu: vous pouvez laisser partir Tortue. je tiens Kariacou!... Et on aurait rendu la liberté à la pauvre prisonnière11. Mais d'autres trouvent avec raison ce dénoue ment invraisemblable.

D'abord, Tigre a la voix trop forte pour qu'on entendit pas distinctement ses paroles. Puis en admettant qu'il eût saisi un des coupables, était-ce une raison pour relâcher l'autre?... Non, ceux qui disent cela sont mal informés, et voici en réalité ce qui se passa en ce jour mémorable.

Au bruit de la chute de Tortue et des hurlements de douleur qui s'en suivirent, toute la famille Tigre, (sauf madame, incapable, comme nous l'avons déjà dit, de se lever), se précipita dans la pièce où se passait la scène. Le maître de la maison disparu, ses enfants demeurèrent autour de la bête amphibie, la regardant avec curiosi té, mais sans dire une parole.

Tortue fit longtemps la morte. Puis, n'entendant plus aucun bruit elle avança la tête avec précaution, la rentra aussitôt, la tira une seconde fois, et n'apercevant autour d'elle que des Tigres en basâge, senti l'espérance renaître dans son cœur de jeune commère déjà rusée.

Après avoir médité un instant :

— Mes chers cousins, dit-elle d'une voix hypocrite, je touche à mes derniers moments. Je ne suis pas fâchée que vous assistiez à ma triste fin. C'est moi-même, hélas! Qui l'ai provoqué par mon imprévoyance, ma légèreté, ma mauvaise conduite en un mot. Puisse-t-elle vous servir d'exemple! Je voudrais tout au moins que ma fin prématurée pût, dès aujourd'hui même, vous servir à quelque chose, mes bons petits cousins. Votre papa est très en colère: il faut pour le calmer, quand rentrant ici, il trouve justice déjà faite. Bonne et prompte justice, cousins! Je conclus en vous priant de me tuer tout de suite. Votre père enchanté de votre zèle, ne manquera pas de vous donnez une belle récompense. Je vous en supplie, tuez-moi!

A ces mots, les jeunes tigres se rapprochèrent de Tortue d'un air joyeux. Déjà il se pourléchaient les babines à la pensée du sang qu'ils allaient répandre, et leurs petites griffes sortaient d'elles-mêmes de leurs étuis fourrés.

— Ah ! Non, pas comme cela, s'écria Tortue, en dérobant prestement sa tête et ses pattes dans l'intérieur de sa carapace. Pas comme cela!.. Si grande coupable que je me sente, je n'aurai jamais le courage de me laisser dévorer vivante. Or, vous n'arriverez à me manger que si je le veux bien, puisque, dans la position où me voici maintenant, vous ne pouvez m'atteindre. Mais l'essentiel est que je meure avant le retour de votre père. Il y a, près de votre case, une grande mare! Portez-moi jusque là, et jetez-moi dedans. Le poids de ma maison m'entrainera au fond de l'eau, où je ne manquerai pas de me noyer.

Les jeunes félins, un peu déçus de ne pouvoir tremper leur langue et leurs pattes dans le sang, mais ravis encore à la pensée de voir cousine Tortue se noyer sous leurs yeux, s'empressèrent de suivre son conseil et de la précipiter dans la mare. Elle se laissa couler comme un plomb; mais comme elle vit sous l'eau aussi bien que sur la terre, elle s'arrangea un petit lit d'herbes pour attendre la nuit et se sauver tranquillement à la faveur de l'obscurité.

Un instant après, Tigre rentra, époumonné et de fort méchante humeur. Il bondit d'abord jusqu'au premier étage pour juger de ses propres yeux l'étendue d'un désastre qu'il soupçonnait seulement, et en constatant l'énormité des brèches faites à ses provisions par Kariacou et Tortue, il entra dans une colère folle.

— Où est Tortue ? Hurla-t-il. Mô ké décarqué li !12

Ses enfants, cependant, enchantés de leur exploit, sautaient tout joyeux autour de lui.

— Papa, papa, clamèrent-ils, nous avons noyé la cousine !

Quand Tigre eut compris de quoi il s'agissait, il ne se posséda plus.

— Tonnerre ! s'écria-t-il, c'est vous qui paierez pour tous, petis nigauds.

Et s'armant d'une badine flexible, il administra à ses fils une volée magistrale. Après quoi il les envoya se coucher sans souper.

Georges Haurigot

  1. Au chef-lieu de la Guyane française, presque toutes les petites boutiques d'épicerie sont tenus par des colons venus du céleste Empire. Comme, faute de mieux, on mange là-bas une quantité effroyable de conserves, ils font rapidement fortune, et regagnent ensuite leur pays en emportant l'argent français. Parmi les naturels du pays, les noirs sont trop bètes et trop paresseux, les hommes de couleurs trop fiers, pour imiter l'exemple que leur donnent des sujets du Fils du soleil.
  2. Kariacou , sorte de chevreuil de la Guyane.
  3. Farine de monioc grossière et de couleur juanâtre, que les indigènes de la Guyane ajoutent à tous leurs aliments; parfois même, les jours de disette, elle constitue à elle seule un plat.
  4. Pignanouan, sorte d'alouette guyanaise.
  5. Tafia.
  6. En Guyane, où les distractions n'abondent pas, on donne, autant que faire se peut, un large place aux plaisirs de la table, et le premier petit déjeuner du matin que prend mon kariacou n'a rien d'exagéré. Je dis assez souvent des choses désagréables aux habitants de ce pays pour que je signale avec bonheur, au passage, une de leurs rares qualités: ils sont hospitaliers, généreux, et quand ils recoivent un étranger, ils lui prodiguent sans compter ce qu'ils ont de meilleur.
  7. On prétend, en Guyane, que l'on trouve toujours une tortue à coté du gîte d'un Kariacou, si bien que dans le pays on désigne les deux animaux par cette locution: Kariacou Ké sô roche, le Kariacou et sa pierre. Pourquoi ce rapprochement? Je n'ai pu en découvrir l'origine, et n'y vois d'autre raison plausible que goût du contraste très développé chez les noirs. On ne saurait réunir deux bêtes plus différentes, puisque l'un est la grâce et l'agilité même, et l'autre, qui porte sur le dos sa maison, la lourdeur et la lenteur personnifiées.
  8. Paroles mystérieuses par lesquelles débute invariablement cette sorte de jeu. Chaque devinette se nomme un “massac”, et la deviner c'est la “casser”.
  9. Aux colonies, on apelle punch un mélange de sirop, de rhum et de citron où l'on met beaucoup de glace. Le citron se remplace quelquefois par de la muscade rapée. Un bon Antillais, ou un bon Guyanais, ne prend jamais son repas avec plaisir s'il n'a absorbé préalablement au moins un verre de sa boisson favorite.
  10. Peinture fidèle de la plupart des parties de plaisir sur les habitations de la Guyane.
  11. Tel est, en effet, le dénouement le plus habituel du conte créole.
  12. Je la désencarapacerai.