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Profitant des prochaines célébrations entourant la Journée Internationale de la langue maternelle, le 21 février, des professeurs participant au projet Prevokbek lancent l’Asosiasion profeser lang ek kiltir kreol morisien (APLKKM). Une nouvelle plateforme qui contribuera à la promotion du kreol comme langue et culture, que ce soit dans le milieu éducatif qu’auprès du grand public. Cindy Desalles, la présidente, et Brian Pitchen, l’assistant trésorier, lèvent un peu le voile sur l’APLKKM.
Un nouveau pas dans la lutte pour une meilleure connaissance de la langue et de la culture kreol. Ainsi, à quel niveau l’APLKKM pense apporter sa contribution?
Nous sommes des enseignants qui participent au projet Prevokbek. C’est-à-dire que nous sommes engagés dans la promotion de la langue et de la culture kreol. En nous regroupant au sein d’une association, nous souhaitons pouvoir organiser d’autres activités qui iraient dans ce même sens.
A travers l’Association, nous souhaitons organiser des activités tels des concours d’élocutions, des dictées, des débats.... Des activités qui valoriseront la langue Kreol et prouveront que le kreol est une langue à part entière.
Depuis janvier, nous nous penchons aussi sur la réalisation des manuels scolaires bilingues. Différents enseignants travaillent sur différents sujets. Cette année, nous travaillons par chapitre. Nous espérons par ailleurs tout compiler, pour les trois niveaux du prévocationnel, en fin d’année afin qu’après les élèves aient ces manuels bilingues, plus proches des questionnaires pour les examens bilingues.
D’autre part, nous prévoyons de faire connaître le projet prevocationnel à des collèges privés non-confessionnels. Nous voulons aussi organiser des ateliers de travail afin de donner les moyens au public de se familiariser et de maîtriser l’écriture du kreol. Soulignons que notre comité exécutif a été constitué le 6 février dernier et que ces membres élus seront en place pour une période d’une année.
Comment est venue l’idée de lancer cette association?
L’initiative revient à la base à Jimmy Harmon. Avec la mise en place du Prevokbek dans les collèges du BEC, nous les enseignants du prévocationnel, avions l’habitude de nous réunir régulièrement et nous avons pu constater les grands progrès engendrés par le projet. Nous avons eu confirmation que ce qui fut un moment une idée embryonnaire a aujourd’hui une certaine force et prouve aujourd’hui que la démarche est valable. Nous avons donc choisi de nous regrouper pour aller encore de l’avant.
Le projet Prevokbek prouve aujourd’hui qu’il a une certaine force. Sur quoi aujourd’hui vous basez-vous pour l’affirmer?
Nous avons par exemple les examens bilingues qui se tiennent au mois de juin. Cet exercice se fait de manière très professionnelle. La correction, par exemple, se fait par des panels d’enseignants qui se basent sur des critères préalablement déterminés. Ainsi, nous sommes en mesure de détenir des résultats fiables, utilisés pour faire des comparaisons.
Depuis que le kreol est utilisé dans le prévocationnel, nous enseignants, pouvons témoigner du changement apporté dans les classes. D’ailleurs le nombre d’enfants à avoir pu maitriser la lecture et l’écriture du kreol a dépassé nos attentes. Mieux encore, pouvoir lire et écrire seul fait que l’élève est plus en confiance avec lui-même et a ainsi une autre approche, une autre vision de l’école.
Au collège St-Mary’s West ou nous travaillons, par exemple, lors des derniers examens, 80% de nos élèves ont montré une bonne maitrise du kreol. Contre 74% l’année précédente. Et c’est la même tendance dans la plupart de nos collèges.
Ces progrès sont aussi visibles dans d’autres matières ou le kreol est utilisé comme langue de soutien pour les explications. Certains de ces sujets atteignent même les 100% de réussite.
Votre association organisera diverses activités. A qui seront-elles destinées?
Tout dépendra de l’activité organisée. Nous aurons des choses pour les élèves et d’autres pour le grand public. Il faudrait que ce dernier apprenne que le kreol a sa graphie et qu’il faut donc avoir des principes d’écriture.
Apprivoiser le grand public. Une tâche qui semble encore hargneuse.
Au primaire, il y a huit langues qui sont enseignées au-delà de l’anglais et du français. Le kreol est aussi une langue. Alors pourquoi tant de réticences?
Nous devons lui donner la reconnaissance due. Honnêtement, nous ne comprenons pas l’attitude de certaines personnes. Nous pouvons toutefois aujourd’hui dire que nous entrevoyons une brèche dans la coquille. Le fait que le kreol soit utilisé au prévocationnel et le projet de son utilisation comme medium d’enseignement au primaire montrent que les choses avancent.
Il y a aussi des initiatives d’autres personnes: Le ‘Diksioner morisien’ d’Arnaud Carpooran qui sera lancé le 21 février prochain, ou encore, le Creol studies, un ‘stand alone module’ proposé par l’université de Maurice.
Bref, il nous semble que l’idée progresse, que la toile se repend. Donc on peut espérer que dans une quinzaine d’années, le kreol aura toute la reconnaissance qu’on lui doit.
Martine Théodore-Lajoie
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EDUCATION Kreol à l'école
L'Asosiasion profeser lang ek kiltir kreol lancée
Le Mauricien
Lundi 9 février 09
Les enseignants du Prevokbek (filière pre-professionnelle des collèges catholiques) se regroupent et ont créé l'Asosiasion profeser lang ek kiltir kreol. Cette nouvelle organisation sera lancée officiellement le 21 février, jour de la célébration internationale de la langue maternelle tandis que son bureau exécutif a été élu vendredi dernier lors d'une assemblée générale de ses membres.
Cette organisation a des objectifs bien spécifiques: promouvoir et à travailler à la reconnaissance de la langue et de la culture kreol morisyen sous toutes ses formes; œuvrer pour l'introduction du kreol morisyin au primaire et au secondaire comme langue et medium d'enseignement sur la base de la liberté de choix des parents et en accord avec les droits universels des peuples à leurs langues et cultures.
La nouvelle association prévoit une rencontre avec la presse la semaine prochaine pour présenter en détails ses objectifs et ses activités. Ses dirigeants aborderont également ce jour-là les questions touchant le programme d'études de la filière Pre-vocational education proposé par le ministère de l'Education et interpelleront le gouvernement sur ses hésitations s'agissant de l'entrée du kreol à l'école.
L'Asosiasion profeser lang ek kiltir kreol est composée d'une trentaine d'enseignants et a pour président Cindy Desalles (St Mary's West).
Le Bureau de l'éducation catholique salue la création de cette association. "Après le chemin parcouru avec le Prevokeb, les profs sentent le besoin d'une association pour une reconnaissance de cette langue qui mérite d'avoir sa place à l'école comme toutes les autres langues. Sans aucun doute, le BEC et cette association peuvent ensemble faire avancer le dossier dans cette direction", souhaite Jimmy Harmon, responsable du dossier Kreol Morisyin au BEC.

