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Katedral Sin Lwi
La Cathédrale Saint Louis

par Emmanuel Richon

Katedral Sin Lwi
Après restauration, août 2007. Photo E. Richon.

Deza La Bourdonnais dan so lepok, ti ule enn legliz korek dan kapital Por Lwi, me li pa ti ena ase letan pu fer li.

Bann premye legliz ki finn aranze dan sa lavil la, zot finn gany buku problem pu zot konstriksyon. Zot move fondasyon, li ti lakoz buku miray grene, fann, tonbe.

An premye, lames ti selebre dan enn sinp lakaz lapay, lor lanplasman Morisius Komersyal Bank zurdi. Ale ale, lepok La Bourdonnais, sa ti konstriksyon la ti ranplase par enn vre batiman solid, kuver ar bardo.

Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi. Photo E. Richon.

Lor syt kot zordi ena katedral, enn premye legliz ti fini aranze ant 1752 ek 1756. De Cossigny, enn franse, ti responsab sa konstriksyon e li finn fini santye la an 1756. Selman, an plas li servi pu lames, li'nn kumans servi istor, armirri, kazern, apre sa, akoz so move fondasyon, li'nn kumans fann partu partu, grene...

Lane 1760, enn siklonn for for ti kraz li net. Lerla, ti bizin rekumans aranz li ankor, me selman 9 avril 1773, enn nuvo siklonn inn remet tu parter ankor enn fwa! Lerla, zot ti kumans refer li ankor, me sa fwa la, avek so de tur lor so fasad, kuma nu konn li aster la. Kumansman 1782, sa nuvo legliz la, ek enn arsitektir byin parey kuma sannla zurdi, ti dibut... me lor enn move baz. Kan mem, lames ti kapav pratike anfin.

Saint Louis Saint Louis
Statue de Saint Louis devant la cathédrale.
Statue de Saint Louis, dans la cathédrale.

Pli tar, lasanble kolonyal ti fer so bann premye renyon andan. Me so istriktir ti kumans tomtonbe dusman dusman. Mem letan R. T. Farquhar, premye guverner angle ti kumans fer an sort konsolid li, li'nn kontinye tomtonbe.

Ziska 1925, ti bizin servi par tu mwayin pu gard li dibut, tu mwayin ki'nn kut buku kas. Me a partir 1925, Monsenyer Murphy ti desid pu aranz enn nuvo katedral lor model sa vye la, me sann fwa la, li'nn desid pu refer so fondasyon antye, repran travay la dan kumansman.

Ziskaler, sa kut la, katedral pa'nn buze. Depi 1933, dat kot Monsenyer Leen finn konsakre li, gran mersi, legliz pa'nn buze.

Sak lane, lafet Sin Lwi li selebre dan legliz parski li so Sin patron.

Vitrail
Vitrail représentant Saint Louis et surplombant le chœur de la cathédrale.

Déjà La Bourdonnais voulut offrir à la capitale un lieu de culte convenable, mais il n'en eut pas le temps. La précédente église tout comme la première église Saint Louis qui lui succéda, connurent bien des déboires dus à un vice de construction au niveau des fondations, qui fut la cause de nombreuses lézardes et de beaucoup de soucis.

Le culte catholique fut d'abord célébré dans une simple cahutte construite sur l'emplacement où se trouve aujourd'hui la Mauritius Commercial Bank, ce lieu provisoire est remplacé sous La Bourdonnais par un simple édifice couvert de bardeaux.

En fait, la première église digne de ce nom, est construite sur le site actuel entre 1752 et 1756. C'est à M. de Cossigny que revint l’initiative de cette construction, achevée en 1756. Elle sert d'abord d'entrepôt, d'armurerie, de caserne, avant de se lézarder dangereusement.

En 1760, un violent cyclone la détruisit en partie. On la reconstruisit à nouveau, mais le 9 avril 1773, un autre cyclone anéantit les efforts entrepris. L'église, sans même qu’aucune messe n’y ait été célébrée, gisait à l’état de ruines. On entreprit alors sa reconstruction en créant, cette fois, les deux tours actuelles de la façade.

Au commencement de 1782, cette nouvelle église, d'une architecture très semblable à celle visible aujourd'hui, mais malheureusement construite sur les fondations de la première église, est enfin ouverte au culte catholique. Elle sera plus tard réquisitionnée par l'Assemblée coloniale qui y tint, quant à elle, ses premières séances. L'imposante structure manqua malheureusement de solidité et ne tarda pas à s'écrouler.

Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi. Photo F.Palli

Sir Robert Townsend Farquhar, premier gouverneur anglais, se promit de remettre l'église en l'état. Pour l'anecdote, c'est aux franc-maçons que revint l'honneur de poser la première pierre de la réédification. Mais les fondations étant demeurées les mêmes,... dès 1819, les premières lézardes réapparurent.

Jusqu'en 1925, on dut recourir à des réparations dispendieuses destinées à colmater les brèches vaille que vaille. C'est alors que Mgr Murphy décida de construire la cathédrale actuelle, en refaisant cette fois complètement les fondations. La consécration définitive eut lieu en 1933, par Mgr Leen. De puis, l’église demeure enfin indemne et solidement installée sur son site. L’évêché, situé à l’arrière de la cathédrale est également un modèle d’architecture coloniale, varangue à l’étage, colonnes, balcons ouvragés en ferronnerie, toit en bardeaux, en font un modèle du genre.

Chaque année, la fête de Saint Louis est célébrée dans cette cathédrale avec ferveur.

Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi. Photo F.Palli

Restauration de la cathédrale de Port-Louis

Juillet-Août 2007

Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Choeur Dorature
Dorature Dorature
Dorature Dorature
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi

 

Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi
Katedral Sin Lwi Katedral Sin Lwi

 

CATHÉDRALE St-Louis

Emmanuel Richon restaure une dizaine de tableaux

Le Mauricien, mars 2007

Dans le contexte de la rénovation de certaines parties de la Cathédrale Saint-Louis cette année, le diocèse de Port-Louis a entrepris de faire restaurer une dizaine de magnifiques tableaux religieux. Le savoir-faire d'Emmanuel Richon a été sollicité pour redonner vie à ces tableaux (fin XVIIe-XIXe siècles). Certains qui n'étaient pas exposés dans l'église sont déchirés, d'autres ont pâli à un point tel que l'on ne discerne plus les visages qui y sont représentés.
Mercredi de février; 15h à la Cathédrale Saint-Louis. II fait une chaleur suffocante à l'intérieur de l'église. À l'entrée, dans un petit coin, Emmanuel Richon, restaurateur de tableaux depuis 1982, a fait descendre trois immenses tableaux, visiblement en mauvais état. Parmi, il y a La Cène et l'Ascension de Saint-Louis. Le restaurateur travaille sur La Cène. II y applique un solvant. Ce tableau est un peu étrange. Les disciples de Jésus sont à treize alors qu'ils devraient être à douze «fait remarquer Emmanuel Richon». L'Ascension de Saint-Louis, que notre interlocuteur dit affectionner particulièrement présente de grosses déchirures. "Autant qu'on le sache, Saint-Louis n'a pas connu d'ascension. Son thème pose problème. C'est pourquoi, on s'y intéresse moins. Mais, moi je le trouve original ". Il a d'ailleurs offert de le restaurer gratuitement. On discerne sur le tableau des éléments de croisades auxquelles avait participé Saint-Louis au Xllle siècle. Un ange au bas du tableau tient un casque appartenant visiblement à Saint-Louis. Le tableau date du XlXe siècle et est signé Henriette Chapon. "Je le nettoie un peu avant de faire se jointoyer les déchirures. Après, il y aura un autre nettoyage" explique M. Richon.
Selon lui, si l'on n'était pas intervenu sur ce tableau, " dans trois à quatre ans, ce chef-d’œuvre passerait à la poubelle car souvent passé ce stade, le tableau ne peut plus être exposé au public. Le plus grand défenseur de ces tableaux est le public. Dès l'instant qu'ils ne sont plus contre le mur, ils sont en danger. Souvent, ils gênent les gens et on n'arrête pas alors de les déplacer. C'est là qu'il y a des accidents de manipulation" fait ressortir M. Richon.
Saint-Jérôme en méditation et La Vierge à l'enfant sont deux des trois tableaux que M. Richon vient de restaurer. Le premier qui n'était jusqu'ici pas exposé le sera probablement dans la Coure de l'église. Quant au tableau de Saint-Louis, M. Richon aurait souhaité qu'il soit dans la Cathédrale Saint-Louis.
La Vierge à l'enfant est le préféré de M. Richon. " Pour moi, il dépasse le cadre de la religion car c'est la maternité qui y est aussi représentée ".
Couches blanchâtres
Si l'on ne connaît pas la date de création du tableau représentant la Cène, M. Richon estime qu'il date d'avant le XVIIIe siècle. "Deux types de toile - une préparation rouge et blanche ont été utilisées. La préparation rouge est antérieure au XVllle siècle, ce qui nous le fait supposer". Elle n'aurait pas été restaurée depuis une trentaine d'années. N'arborant au départ que le visage du Christ, le tableau de la Cène a, au fur et à mesure qu'Emmanuel Richon y a appliqué du solvant, laissé paraître d'autres visages dont on n'aurait jamais soupçonné la présence avant l'application du produit. Au fond du tableau est représentée une vue de ce qui est probablement Florence. "C'est le chanci qui a en fait apposé des couches blanchâtres sur le tableau masquant ainsi les visages des disciples du Christ. C'est le vernis qui est abîmé. Il y a comme des microfissurations qui font qu'on ne voit plus rien" explique Emmanuel Richon. Mais, contrairement au tableau de Saint-Louis, celui de La Cène n'est pas signé, ce qui peut laisser supposer que c'est une copie alors que le premier, assure M. Richon, est un original.
Le Christ en Croix, au fond et au centre de l'église, visible de l'entrée principale pèserait quelque trois-cent kilos. Même s'il n'est pas très visible de loin, le tableau est assez abîmé selon M. Richon, avec des trous au niveau des angles. Il sera bientôt descendu pour être restauré. De même que La Pêche miraculeuse d'Alfred Richard, un Mauricien et La descente de Croix de Jésus.
Ces travaux de restauration devraient prendre fin vers juillet.

boule

Peintures de la cathédrale

Emmanuel Richon, qui procède actuellement à la restauration du tableau de la cathédrale Saint-Louis «Christ en croix», a commenté pour «La Vie Catholique» quelques tableaux de la cathédrale qu'il a restaurés.

Le Christ en croix

Le Christ en croix

Le grand tableau du Christ en croix, mesurant 4,5 m x 3,25 m et placé au-dessus de l'autel de la cathédrale Saint-Louis, est actuellement restauré par Emmanuel Richon dans le hall du collège de Lorette de Port-Louis. En effectuant sa tâche, l'artiste a fait une grande découverte: l'œuvre originale de Casanova, réalisée au XVIIIe siècle, a été repeinte à l'huile, dissimulant ainsi des éléments significatifs par des ajouts et modifiant complètement le ton général des couleurs.
Ce repeint a été fait, estime Emmanuel Richon, soit en 1935 (date de la dernière restauration de la cathédrale), soit en 1960 (lorsque d'autres tableaux ont été restaurés) par un pinceau n'ayant pas épousé la vision originale de Casanova. Ce que le restaurateur qualifie de «trahison complète». En enlevant le repeint, il s'est aperçu que le pagne du Christ a été modifié. Sur le tableau original, il est bien plus minimaliste que celui qu'on a l'habitude de voir ­ «L'esprit du XVIIIe siècle est bel et bien présent: plus de libertés dans les mœurs et absence de tabous ­ et ce contrairement au XIXe, où la société refusait de voir un Christ dénudé.».
Cet état de dénuement du Christ démontre la présence de la corporéité comme un Dieu qui s'est fait homme, explique Emmanuel Richon. Et, à travers ce dénuement, Casanova révèle aussi l'importance de la dimension de l'humiliation dans la passion. «Or, cet aspect d'abaissement a été caché», précise-t-il.
Emmanuel Richon se dit surtout touché par les plus petits détails du tableau de Casanova. La goutte qui coule jusqu'aux passiflores ­ fleurs de la passion ­, qui se nourrissent du sang des suppliciés et présentes de chaque côté du tableau. De plus, ajoute-t-il, le petit doigt déplié du Christ démontre que sa mort est très proche. Les outils des instruments de la torture portant des traces de sang sont même présents. Et ce crâne, présent au pied de la croix, rappelle le temps qui passe, explique Emmanuel Richon. «Il est aussi symbole des vanités - tous ces éléments à quoi s'attache notre orgueil.»
Ayant eu beaucoup de difficultés à enlever le repeint, Emmanuel Richon a ainsi critiqué les travaux de l'ancien restaurateur. «Il faut que la possibilité de retourner en arrière, trois jours ou trois cents ans, soit toujours présente dans l'esprit du restaurateur. Or cela a été très difficile pour le Christ en croix

En août prochain, le tableau du Christ en croix révèlera une souffrance beaucoup plus grande et vraie que celle que les fidèles ont l'habitude de voir.
Vierge à l'enfant
Ce tableau, d'esprit plutôt italien, est peut-être l'un des plus vieux tableaux de l'île Maurice, estime M. Richon. D'une part, la préparation (qui sépare la toile et la couche picturale), de couleur rouge, le mène à dire qu'elle date de la fin du XVIIe siècle. Car, vers 1790, elle est passée à blanc. D'autre part, vu que le fil de chêne est ondulé sur le fil de trame, il se dit convaincu que cela ne peut être qu'avant le XVIIIe siècle. A partir de 1785, rappelle-t-il, le fil de chêne est posé par une machine sur le fil de trame. Du fait, il est tout droit. De plus, le bouton dégrafé du corsage de la vierge exprime clairement que l'enfant vient de prendre le sein ­ chose impossible à peindre au XIXe. Le pagne de la Vierge est teinté de lapis-lazuli, pierre bleue diluée dans de l'eau. Selon M. Richon, la tombée de la nuit symbolise la paix.

La pêche miraculeuse

Œuvre du peintre mauricien renommé Alfred Richard. L'artiste signait plutôt en rouge à l'époque ­ le tableau étant signé en 1855. M. Richon présume que ce tableau devrait être une commande de la cathédrale ­ cela de par les nombreux éléments mauriciens qu'il contient : les poissons étant ceux de l'île Maurice et non pas du lac de Tibériade. De plus, les montagnes correspondaient exactement à celles se trouvant sur les tableaux de paysages qu'il a faits dans le sud de Maurice.

La Sainte-Cène

Selon Emmanuel Richon, ce tableau original de la Sainte-Cène a dû être peint par une importante personnalité. «On ne donnerait pas à n'importe qui de peindre la Sainte-Cène.» De plus, il relève une architecturale italienne au fond du tableau ­ une grande ville italienne, à l'exemple de Venise ou de Florence.

Exaltation de saint Louis

Cette peinture à l'huile sur toile, au milieu du XIXe siècle, est signée Henriette Chapon. Un des rares tableaux peints par les femmes à l'époque, selon M. Richon. Cette peinture montre bien Louis IX dans un discours éminemment littéraire, «où tout dans l'esthétique du tableau est là pour nous rappeler les témoignages des contemporains du saint homme».

 

Tableaux restaurés

Jésus et Jean Baptiste
Exaltation de Saint-Louis
        Jésus et Jean Baptiste
Sainte Cène Saint Jérôme
Crucifixion Vierge

Viré monté