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L'intercompréhension des langues Un besoin, un défi Université des Antilles et de la Guyane 2-5 décembre 2008
Présentation générale | Objectifs du séminaire | Comité scientifique |
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Présentation générale
L'intercompréhension est une technique de communication qui consiste à croiser des compétences à communiquer en s'exprimant dans une langue que l'on maîtrise bien avec un locuteur qui, sans s'exprimer dans la même langue, la comprend et répond dans une autre langue selon un processus réciproque, à l'oral comme à l'écrit. Il s'agit donc de développer un enseignement qui doit entraîner l'apprenant à développer la compréhension orale et écrite d'une langue, dans le but de comprendre ce qu'un locuteur de cette dernière langue produit, sans que la mise en place d'un travail similaire soit envisagée pour que ce même locuteur produise (oralement ou par écrit) dans cette même langue. Ceci implique que les interlocuteurs intervenant dans l'acte de communication doivent exécuter les mêmes opérations, toujours de compréhension, et non de production, ce qui conduit à nommer la technique «intercompréhension», identifiée à un enseignement répondant aux besoins mutuels de communication.
Il est important de préciser que cette ligne méthodologique ne prétend pas remplacer les études approfondies des langues, qui ont des objectifs très clairs, qui sont nécessaires aussi, et dont l'enseignement connaît une histoire didactique riche et vivante. Bien au contraire, en plus de donner une réponse à un problème que le monde actuel rencontre, la sensibilisation à la compréhension multilingue pourrait même susciter chez certains l'envie d'enrichir leurs connaissances et de dépasser ces objectifs d'intercompréhension pour devenir de vrais «sujets parlants» de langues diverses.
Les fondements d'une telle stratégie (qui implique une conception du processus s'éloignant de la vision traditionnelle et généralement acceptée par les enseignants, par les apprenants, et même par les institutions académiques), et le besoin de définir des objectifs à atteindre, particuliers et spécifiques à la communication en intercompréhension des langues, sont clairs et précis. Cependant l'analyse des stratégies pour mettre en place des actions conduisant à un tel enseignement réclame un travail minutieux visant à établir les principes méthodologiques, et les techniques à adopter dans ce type d'enseignement.
Dans la Caraïbe, il nous faut résoudre le problème et trouver des moyens pour que les individus se comprennent mieux, d'où qu'ils viennent, et quelle que soit leur langue d'origine ou de travail. La situation de cette région implique l'intercompréhension entre des individus parlant des langues qui appartiennent à des familles parfois différentes, c'est pourquoi le processus d'identification des stratégies et des techniques à mettre en place s'éloigne, dans une certaine mesure, de ce que nous avons pu constater parmi les expériences faites ailleurs, entre langues étroitement apparentées sur le plan typologique, dans ce type d'enseignement.
Il y a une autre barrière, peut être moins rigide et plus facile à vaincre: beaucoup d'enseignants ne sont pas assez ouverts à la diffusion de l'apprentissage de l'intercompréhension. La tradition est très forte: enseigner / apprendre une langue étrangère est un processus comme celui qu'on a décrit au début de ce document. «Le limiter, le minimiser» pourrait être considéré comme dénué de sens si et on ne prêtait pas attention aux vastes possibilités offertes par cette approche.
L'étude des opportunités et de l'intérêt offerts par ces techniques devrait constituer la première étape de ce projet pour l'intercomprehension des langues dans la région caribéenne. Pourrait-on envisager des programmes appropriés et innovants de sensibilisation à la compréhension multilingue, pouvant s'insérer dans le cadre du programme d'action linguistique des institutions universitaires, dans une modalité quelconque, à l'intérieur ou en dehors des curricula? Ne serait-il pas envisageable de créer des «ateliers de compréhension multilingue» dans les établissements d'enseignement supérieur?
Pourrait-on convaincre les instances d'autorités des universités de mettre en place des formes de sensibilisation adaptées au cadre scolaire ou extra scolaire? Serait-il possible de former une équipe de spécialistes caribéens ayant pour but de concevoir ce programme et de proposer les démarches méthodologiques et linguistiques nécessaires pour son développement? Comment faire le choix des langues impliquées dans ce projet? Quelles seraient les possibilités des institutions universitaires de la région de mener un projet de ce type?
Deux approches ont été privilégiées pour le séminaire: La réflexion scientifique et la programmation d'actions.
- Les échanges scientifiques se feront à partir du préalable de la connaissance partagée de la signification de «l'intercompréhension», en soi, et d'une harmonisation des connaissances à ce sujet. Le séminaire y consacrera le début de ses travaux dont la suite portera sur les modalités, les stratégies, les techniques liées à l'enseignement / apprentissage, ainsi que sur les conditions de mise en place des programmes de formation pour parvenir à des résultats effectifs dans ce domaine. Ces échanges devraient améliorer la prise de conscience et l'information des responsables des universités participantes sur les avantages du développement de programmes de formation, en intercompréhension des langues, entre des locuteurs qui ont des langues (maternelles ou non) différentes. Le séminaire devra éclairer les pré-requis de la mise en place de ces programmes en matière linguistique, sociolinguistique, socioculturelle et pédagogique.
- La suite des travaux sera consacrée à préciser la situation de chaque pays représenté à l'AUF - CORPUCA (Conférence des Recteurs, des Présidents et des institutions universitaires, membres de l’AUF, dans la Caraïbe), face à cette problématique, et en fonction des débats issus de cet échange, à déterminer les lignes stratégiques à suivre et les délais nécessaires.
- La fin des travaux sera consacrée à la programmation des actions à envisager. Les objectifs de ce séminaire envisageant un processus d'innovation dans les milieux universitaires, il va de soi que pour être efficace, il est nécessaire de respecter son propre rythme, variable selon les situations. Il serait bien sûr illusoire d'espérer que les actions préconisées, et les stratégies prévues pourraient résoudre, dans une courte période, l'ensemble des situations. Il sera donc recommandé aux recteurs et présidents d'observer dans la durée l'expérience, d'échanger les acquis, de modifier certains essais, de confirmer et de mutualiser les réussites, ce qui sera fait dans le comité de pilotage que ce projet propose de désigner. Dans les différentes phases du séminaire, l'accent sera mis sur les travaux en ateliers et sur les échanges interactifs. Enfin, la conclusion des rencontres sera l'occasion d'élaborer une prise de position commune des responsables participant au séminaire, et de dégager un plan d'action concerté, solidaire, dont il conviendra de faire régulièrement le bilan, le diagnostic et l'évaluation des réalisations du programme.
Objectifs du séminaire
Le séminaire «L'INTERCOMPRÉHENSION DES LANGUES DANS LA CARAÏBE: UN BESOIN, UN DÉFI» s'inscrit dans le prolongement des activités de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et de la Conférence des Recteurs, des Présidents et des Directeurs d'institutions universitaires membres de l'AUF dans la Caraïbe (CORPUCA). Le séminaire a été proposé à l'occasion de la réunion du Bureau Exécutif de la CORPUCA, qui a eu lieu le 18 février 2008 à Saint Domingue. Il a pour vocation de répondre aux besoins de la CORPUCA en matière de stratégie de remédiation aux barrières linguistiques qui limitent les échanges et la compréhension entre les caribéens, en général, et singulièrement entre les universitaires et les chercheurs de la Caraïbe. La problématique en question rentre dans le cadre de la Commission de travail n° 4, créée par la CORPUCA, qui porte sur «Harmonisation des exigences en maîtrise des langues de la Région».
L'ambition étant de trouver les moyens de résoudre les difficultés de communication entre les universitaires chargés de développer les programmes académiques et scientifiques, la double approche retenue est celle, d'une part, de la réflexion sur la thématique, entre spécialistes issus des pays représentés par leurs universités, au sein de la CORPUCA et, d'autre part, celle de l'élaboration d'un programme d'action pour résoudre les difficultés de compréhension susdites.
Par ailleurs, outre la dimension des relations interuniversitaires, le séminaire s'interrogera aussi sur l'intérêt des méthodes d'intercompréhension des langues dans la problématique générale de la communication entre les populations de la Région.
La démarche réflexive et scientifique permettra de puiser des idées dans les expériences mises en place dans la Région et plus particulièrement dans les universités membres. Des experts invités rendront compte d'autres projets similaires menés dans d'autres parties du monde et de la méthodologie qu'ils induisent. Le débat collectif permettra de préciser des lignes d'action et des stratégies à suivre pour l'élaboration d'un programme d'application au sein des universités de la CORPUCA et dans la Caraïbe.
Le séminaire devra proposer des solutions pour répondre aux enjeux que les recteurs des universités de la Caraïbe considèrent aujourd'hui comme importants pour l'avenir de leurs institutions.
Comité scientifique
Président:
Rafael RODRIGUEZ BELTRAN, Université de La Havane, Cuba.
Membres:
- Joséfina CASTRO ALLEGRET, Université de La Havane, Cuba.
- Manuel NUNEZ, Directeur du département d'Espagnol de l'Université APEC, République Dominicaine.
- Maria CANTISANO, PUCMM- Pontificia Universidad Católica Madre y Maestra, République Dominicaine.
- Pierre VERNET Doyen de la faculté de Linguistique Appliquée de l'Université d'Etat d'Haïti.
- Claude PIERRE, Université d'Etat d'Haïti.
- Jean BERNABE, Université des Antilles et de la Guyane, France, Directeur CRILLASH- Centre de Recherche Interdisciplinaire en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines.
- Hubert DEVONISH, Professeur de linguistique à l'Université des West Indies (Mona).
Comité d'organisation
- Alain ARCONTE, président de la CORPUCA.
- Françoise MARI, secrétaire exécutive de la CORPUCA.
- Pierre DUMONT, directeur de l'ISEF (UAG, Campus de la Martinique).
- Dominique GROUX, professeur de Sciences de l'Éducation (UAG, Campus de la Martinique).
- Corinne MENCE, professeur à la FLSH (UAG, campus de la Martinique).
- Diana RAMASSAMY, enseignant-chercheur au CRILLASH (UAG).
- Dominique PIERRE (AUF-Bureau Caraïbe).
- Katty SAINT-LOUIS (AUF-Bureau Caraïbe).
Programme
Le 2 décembre 2008, 16:00:
Ouverture du séminaire à l’amphithéâtre Hélène Sellaye, Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG)
Allocution 1: Président de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG).
Allocution 2: Directeur du Bureau Caraïbe, représentant de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
Allocution 3: Collectivités territoriales et Invités institutionnels.
Allocution 4: Président de la Conférence des Recteurs, des Présidents et des Directeurs d’institutions universitaires, membres de l’AUF dans la Caraïbe.(CORPUCA) ouvrant le séminaire.
Conférence inaugurale: «De l’intelligence des langues» par M. Jean Bernabe, UAG, directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines ( (CRILLASH).
Conférence: «Les enjeux des programmes d’intercompréhension des langues» par M. Pierre Janin, chargé de mission, Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF).
Propos sur les enjeux du séminaire par M. Patrick Chardenet.
Présentation du programme du séminaire par le président du comité scientifique par M. Rafael Rodriguez Beltrán, université de La Havane
Le 3 décembre 2008
9:00 – 10:00
Conférence: «Concept d’intercompréhension: les capacités réceptives et ses caractéristiques générales. La lecture. La compréhension orale.» par le M. Rafael Rodrigez Beltran, Université de La Havane.10:00 – 10:15 Pause café
10:15 – 11:15
Conférence: «Interlinguisme et intercompréhension: l’avenir des langues, le rôle des universités» par M. Patrick Chardenet, Directeur délégué Langue française, diversité culturelle et linguistique, AUF.11:15 – 13:00
Table ronde animée par le Centre de Recherches Interdisciplinaires en Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (CRILLASH) sur le thème «Quelles langues et quels besoins pour l’intercompréhension dans la caraïbe?»13:00 – 14:00 Déjeuner
14:30 -16:45
Table ronde sur les expériences européennes et latino-américaines dans le domaine de l’intercompréhension: langgeesapproches, public, formtions, recherche par M. Christian Degache, M. Manuel Tost, Mme Helena de Araújo e Sá.Le 4 décembre 2008
8:30 – 9:15
Conférence: «Les fondements sociohistoriques, éthique et sémiotiques de la didactique de l’intercompréhension des langues» par M. Jean Bernabé, directeur du C CRILLASH.9:15 – 11:00
Conférence: «Comment faciliter la compréhension du lexique, de la grammaire, du système garphique et du message oral des langues éétrangères? Les activités métalangagières dans les clavardages plurilingues romanophones» par Mme Maria Helena de Araùjo e Sâ , Universidade do Aveiro, Portugal.10:00 – 10:15 Pause café
10:15 – 11:15
Conférence: «Les facteurs non linguistiques; Questions interculturelles et intercompréhension» par M. Christian Degache, Université Grenoble 3, France11:15 – 13:00
Travail en ateliers
- Les langues de la Caraïbe et l’intercompréhension: évidences et problèmes linguistiques (un animateur caribéen + un rapporteur).
- L’enseignement-apprentissage des langues dans la Caraïbe: variété des approches didactiques et pédagogiques face à l’introduction de l’intercompréhension (un animateur caribéen + un rapporteur).
13:30 – 14:30 Déjeuner
14:30 – 16:30
Synthèse en plénière et débat (les deux rapporteurs d’ateliers et un animateur central).Le 5 décembre 2008
8:30 – 11:15
- Conférences: «Comment la compréhension se met-elle en place? Compte rendu d’expériences.» par M. Manuel Tost Planet, Universitat Autonoma de Barcelona.
- « L'intercompréhension, cadre théorique et applications» par M. Pierre Vernet, Université d’Etat d’Haïti
10:15 – 10:30 Pause café
10:30 – 12:00
Communications sur les expériences et des perspectives dans les universités de la région caribéenne.
- Le cas des Universités haïtiennes.
- Le cas de l’Université des Antilles et de la Guyane
- Le cas de t l’Université des West Indies
- Le cas des Universités dominicaines
- Le cas de l’Université de La Havane
12:00 – 11:00
Table ronde: élaboration des axes communs d'action à partir des communications précédentes et préparation de la mise en place d'un comité de pilotage (un modérateur et un rapporteur désigné qui devra remettre la synthèse au Comité scientifique à la fin de l'Atelier)12:00 – 13:00 Déjeuner
15:30 - 17:30
Présentation du bilan du séminaire
Clôture

