Qui ne connaît pas Central do Brasil ou
Jorge Amado?
Le cinéma brésilien est un des grands cinémas
mondiaux dont Glauber Rocha ou Walter Salles constituent
des références incontournables. La littérature
brésilienne a aussi, depuis longtemps, ses classiques
lus sur toute la planète, de Euclides da Cunha à
João Guimarães Rosa. Or écrit Paulo
Antonio Paranaguá en introduction de ce livre, «le
cinéma est une affaire trop sérieuse pour
être laissée aux seuls cinéphiles et
la littérature a tout à gagner à être
confrontée à d’autres expressions.»
De là ce livre novateur: à travers l’analyse
de la production artistique cinématographique et
littéraire, il s’introduit au cœur de
la « fabrique» d’éléments
essentiels de la brasilianité: l’Indien, le
Noir, le Métis et ces personnages-types du Nordeste
que sont le cangaceiro, le beato, le coronel,
voire le contador de estórias…
Au Brésil, le cinéma et la littérature
du XXè siècle sont caractérisés
par des tensions entre régionalisme et nationalisme,
porteuses de jugements très divers; certains auteurs
proposent une approche scientifique, anthropologique, politique,
folklorique ou sociale; d’autres préfèrent
une approche poétique, ontologique, mystique, historique
ou révolutionnaire… Et l’on voit alors
que la projection identitaire du Nordeste évolue,
traduisant les crises traversées par le pays: Canudos,
révolution de 1930, années Kubitschek, coup
d’état de 1964, crise économique et
sociale de 1998.
Une clairvoyante introduction au Brésil. Une aide
précieuse aux amateurs de littérature ou de
cinéma brésiliens.