Potomitan

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La canne sur les pentes

de Santo Antão

 

Francesca Palli
(Texte et photos)

Juillet 2009

 

 

 

 

 

 

 

Sentier muletier qui descend vers la vallée.

Santo Antao

L’île de Santo Antão, après celle de Santiago, est la plus grande île de l’archipel de Cap Vert, elle s’étend sur 43 km de long pour 23 km de large. C’est l’île plus accidenté et, après Fogo, la plus élevée (Tope de Coroa 1979 m)1. Son relief, qui forme une barrière continue à plus de 1400 m d’altitude, arrête les nuages qui arrivent du nord-est, ainsi le versant sud est très aride (moins de 300 mm de pluie par an) tandis que le versant nord est assez bien arrosé (plus de 900 mm par an).

Santo Antao

Cratère de Cova.

Le deuxième jour de notre séjour à Santo Antão, un ami de notre guide nous déposa au bord du cratère de Cova, à la forme ronde presque parfaite; le fond du cratère est cultivé à maïs, pois, tabac, légumes, arbres à fruit,… Des enfants en partie pieds nus avec l’aide de petits ânes passent leurs journées à remplir des containers d’eau et à l’apporter sur les champs cultivés dans le cratère.

Globularia

Globularia amygdalifolia, Globuriaceæ.

Echium stenosyphonstenosiphon

Echium stenosyphon, Boraginaceæ.

À peine descendus dans le cratère nous remontions de l’autre côté pour prendre un sentier muletier très escarpé qui descend vers la Ribeira2 de Paúl, une flore endémique surprenante nous accompagne jusqu’aux premières terrasses cultivées, la culture principale est celle de la canne à sucre qui sert à produire un distillé appelé grogue.

Cultures sur terrasses.

Cultures sur terrasses.

Tous les flancs de la ribeira sont terrassés jusqu’à l’océan, un groupe d’hommes était en train de refaire un des murs en pierre, d’autres s’occupaient de l’irrigation, ils doivent ouvrir et fermer des canaux appelés levadas qui servent à distribuer l’eau partout.

ribeirapaula

Levadas qui se jette dans un reservoir.

Des femmes portent sur leur tête des lots de cannes de 20 kilos vers le «curral»3 gravissant avec beaucoup de fatigue la route pavées. Les cannes sont ensuite broyées avec des presses, «trapicho», constituées de trois cylindres qui écrasent et pressent les cannes à sucre, il y a encore des presses qui fonctionnent grâce à la force de bœufs ou de mulets, puis le jus frais est mis dans des grands tonneaux  où a lieu la fermentation qui dure quelques semaines, enfin il y a la distillation dans des alambics plus ou moins artisanales . Les feuilles des cannes servent à couvrirent les toits des maisons.

santoantao192_paul.jpgTrapicho

«Trapicho», constitué de trois cylindres.

Sur les terrasses les gens cultivent aussi des légumes, des racines, des bananiers, des caféiers, des pommiers et beaucoup d’autres sortes d’arbres à fruits.

Bananiers, papayers, cannes,...

Partout il y a un tas d’enfants, tous aident selon leur âge, ils semblent quand même heureux, ils jouent même si leur vie est très dure, nous en avons vu qui transportaient des pierres assez lourdes aux hommes en train de faire des murs, on se demande si ces enfants auront encore les stimulus à continuer cette lutte pour arracher à la montagne leur nourriture. Sans l’attention et persévérance des hommes, les terrasses tomberaient plus ou moins rapidement, l’eau coulerait rapidement vers l’océan par le chemin plus bref, la montagne deviendrait en peu de temps stérile pour les hommes.

Notes

  1. http://maps.google
     
  2. Ribeira: vallée.
     
  3. Curral: endroit où se trouve la presse à canne à sucre.

 Viré monté