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Programme
Jeudi 21 octobre
Studio P (Librairie Pantoute, 286, rue Saint-Joseph Est)
17h – 18h: «Le merveilleux, le fantastique et le réalisme magique dans la littérature hispano-américaine» Carolina Ferrer (Université du Québec à Montréal, Département d’études littéraires).
18h – 19h: «L’émerveillement du Petit Prince» Thomas De Koninck (Université Laval, Faculté de philosophie)
Vendredi 22 octobre
Musée de la civilisation (85, rue Dalhousie)
8h45: Accueil
Président de séance: Schallum Pierre (Université Laval, Faculté de philosophie)
- 09h30 – 10h15: «La science n'est plus seule» - Brian Monast (Université Laval, Faculté de philosophie)
- 10h15 – 10h30: pause café.
- 10h30 – 11h00: «L’art de la magie et le besoin du merveilleux» - Billy Vatcher (Université Laval, Faculté de philosophie).
- 11h – 11h30: «Merveilleux et norditude» - Jean Désy (Université Laval, Faculté de médecine)
- 11h30 – 12h15: débat
12h15 – 13h50: dîner
13h50: Accueil
Président de séance: Thomas De Koninck (Université Laval, Faculté de philosophie)
- 14h – 14h30: «La topographie céleste des Livres de IÉOU: une illustration de la merveilleuse imagination des gnostiques» - Eric Crégheur (Université Laval, Sciences des religions).
- 14h30 – 15h: «Réflexions sur le rêve et le merveilleux chez les Aborigènes australiens.» - Sylvie Poirier (Université Laval, Département d’anthropologie)
- 15h – 15h30: «Le réalisme merveilleux latino-américain et la question ontologique» - Schallum Pierre (Université Laval, Faculté de philosophie).
- 15h30 – 16h15: débat.
16h15 – 16h45: clôture de la journée
Présentation du colloque
Le merveilleux occupe une place essentielle dans l’histoire de la philosophie. Le présent colloque se propose d’en rendre compte à la lumière de trois concepts: le désir, la vie et l’être. Par les différentes interventions, nous voulons présenter un réexamen du merveilleux à partir d’une perspective épistémologique et ontologique.
Quoique relevant d’une praxis, le merveilleux questionne le désir. En tant que manque, recherche, quête de sens, il tend vers la connaissance. Dans L’imagination et le merveilleux – La pensée et l’action, Pierre-Maxime Schuhl le décrit comme «une attitude, une conduite, en même temps qu’une pensée.» À ce titre, il se rapporte à l’émerveillement et l’étonnement. Selon Platon, le «s’émerveiller» (to thaumazein) est à l’origine de la philosophie (Théétète 155d). Dans la Métaphysique (982a) d’Aristote, il apparaît comme ce qui nous délivre de l’ignorance et nous permet de nous interroger sur la totalité de la «réalité universelle» (Pierre Mabille).
L’accent sera mis sur le rapport entre le merveilleux et la vie. Cette dimension est abordée autant chez des philosophes que des littéraires, tels Edmond Husserl, Martin Heidegger, Michel Henry, Jorge Luis Borges, Jacques-Stephen Alexis, Alejo Carpentier, etc.
En tant que «désir de savoir» (Aristote), l’émerveillement constitue par ailleurs une stimulation pour le progrès des disciplines scientifiques et humaines. Aussi, selon Husserl, l’oubli de son ancrage dans l’étonnement (thaumadzein) rattaché au monde de la vie (la lebenswelt) est à l’origine de la crise des sciences. Nous nous intéresserons non seulement à la critique de la phénoménologie qui va jusqu’à Michel Henry mais également à celle formulée par la critique littéraire. Quelle relation établir entre ce que le premier Manifeste du surréalisme (1924) appelle «le rationalisme absolu» et cette crise des sciences dont parle Husserl? Quel rôle le merveilleux peut-il jouer aujourd’hui dans la formation de la pensée critique? Quelle est sa place actuelle ou quelle doit être sa place dans les «humanités»?
Au-delà des questionnements liés à la connaissance, le colloque souhaite dégager de nouvelles pistes de recherches philosophiques sur l’ontologie. Ainsi, le premier festival Québec en toutes lettres, de l’Institut Canadien de Québec, étant consacré en 2010 à Jorge Luis Borges, certaines communications traiteront de l’avènement ou de la présence du merveilleux dans la littérature latino-américaine et caribéenne. Cette approche du merveilleux, bien qu’ayant subi l’influence du surréalisme, découle des représentations de la pensée doxique et d’une certaine façon de concevoir le soi, ainsi qu’on le retrouve dans les essais, romans et nouvelles de Gabriel Garcías Márquez, Augusto Roa Bastos, Jacques Roumain et beaucoup d’autres. L’interrogation que suscite le merveilleux aussi bien dans l’espace latino-américain que nordique ou australien a l’avantage de nous ramener àla forme latine (mirabilia) qui a d’abord donné naissance au merveilleux français. Comment penser une ontologie qui partirait d’une conception du soi et du monde empreint de miracle et de surnaturel? De plus, comment le merveilleux peut-il nous aider à comprendre l’autre ou constituer une invitation à faire l’expérience de l’autre?
Enfin, ce colloque vise à reconsidérer, sous d’autres angles, ce qu’on a coutume d’appeler le désenchantement du monde, en prenant acte de l’émergence aujourd’hui d’un émerveillement qui succède cette fois à la science. Il compte offrir un lieu d’échanges publics entre chercheurs provenant de domaines aussi divers que la philosophie, la théologie, l’art, la littérature, l’anthropologie, la psychologie et la biologie.
Notices bio-bliographiques
Thomas De Koninck
L’émerveillement du Petit Prince
Il n’existe pas, après la Bible, d’œuvre aussi universellement estimée sur tous les continents que Le Petit Prince, traduit en cent soixante langues et dialectes. Aucun écrivain n’aura rejoint et touché autant d’êtres humains, toutes cultures confondues, qu’Antoine de Saint-Exupéry. Les chefs d’œuvre ne manquent pas, pourtant, au sein de la littérature mondiale. D’où peut donc bien venir cet accueil prodigieux? Nous tenterons d’esquisser ici, en deux temps, des éléments de réponse à cette question.
Bio-bibliographie
Diplômes principaux et carrière:
M. A. Lit. Hum. (Oxford, 1963); PH. D. (Université Laval, 1971). Instructor and Assistant Professor, Department of Philosophy, University of Notre Dame (U.S.A.) 1960-1964. Professeur adjoint (1964), agrégé (1971), titulaire (1977), Faculté de philosophie, Université Laval. Doyen de la Faculté de philosophie de l'Université Laval, 1974-1978. Professeur invité, Université de Bourgogne (Dijon); Institut d’Études Politiques («Sciences Po»), Paris; University of Notre Dame (U.S.A.). Enseignements principaux, aux trois cycles: Philosophie grecque, Éthique, Philosophie de la connaissance, Anthropologie philosophique, Philosophie de l’éducation. Conférences fréquentes. Direction achevée, depuis 1964, de 19 thèses de licence, 103 mémoires de maîtrise et 47 thèses de doctorat; direction en cours d’une quarantaine de mémoires de maîtrise et thèses de doctorat. Rédacteur (philosophie), Laval Théologique et Philosophique.
Bourses, prix et distinctions:
Rhodes Scholar, 1956-1959 (Oxford). Alexander von Humboldt-Stiftung Stipendiat, 1972-1973 (Freie Universität, Berlin). Prix La Bruyère de l’Académie Française, 1996, pour l’ouvrage, De la dignité humaine. Officier dans l’Ordre des Palmes académiques (France),1996. Président de l’Association canadienne de philosophie, 2000-2001. Élu à l’Académie des Lettres et Sciences Humaines de la Société Royale du Canada, 2002. Prix d’excellence en enseignement de l’Université Laval, 2002-2003. Titulaire de la Chaire La philosophie dans le monde actuel, Université Laval, depuis 2004. Membre de l’Ordre du Canada depuis 2005. Titulaire de la Chaire de métaphysique Étienne Gilson (Paris), 2007-2008.
Principales publications récentes:
Nombreux essais, articles et conférences. Ses livres incluent : De la dignité humaine, 1995 (2e édition dans «Quadrige», 2002), couronné en 1996 par le prix La Bruyère de l’Académie française ; La nouvelle ignorance et le problème de la culture (2e édition, 2001) ; Philosophie de l’éducation. Essai sur le devenir humain (2004) ; Aristote, l’intelligence et Dieu, 2008, publiés tous les quatre aux Presses Universitaires de France ; et la codirection avec Gilbert Larochelle du collectif : La dignité humaine. Philosophie, droit, politique, économie, médecine (Paris, PUF, coll. «Débats philosophiques», 2005). Il faut y ajouter La crise de l’éducation, Québec, Fides, 2007; Philosophie de l’éducation pour l’avenir, Québec, Presses de l’Université Laval, 2010; Questions ultimes (sous presse), Presses de l’Université d’Ottawa, automne 2010; À quoi sert la philosophie?, à paraître aux Presses de l’Université Laval en 2011; de même que Dieu au tribunal de la raison, chez Boréal, également en 2011.
Carolina Ferrer
Le merveilleux, le fantastique et le réalisme magique dans la littérature hispano-américaine
Selon Tzvetan Todorov (1970), le fantastique se définit comme un moment d’incertitude entre l’étrange et le merveilleux. Curieusement, la littérature fantastique et ses genres voisins semblent avoir trouvé un terrain très fertile dans les pays hispano-américains. En particulier, plusieurs figures de proue des lettres hispanophones s’identifient au réalisme merveilleux, à la littérature fantastique ou au réalisme magique. Dans cette communication, je mettrai en lumière les principales caractéristiques de ces genres et de leurs entrecroisements. Je m’attarderai, spécifiquement, sur l’œuvre de certains auteurs, tels que Jorge Luis Borges, Alejo Carpentier, Julio Cortázar et Gabriel García Márquez.
Bio-bibliographie
Carolina FERRER est professeure adjointe au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Elle détient un doctorat en littérature de l’Université du Chili. Ses recherches portent sur la littérature et la culture hispano-américaines, les dynamiques culturelles, les aspects sémiotiques des systèmes d’information documentaire, la littérature et les archives électroniques, les études cinématographiques, l’épistémocritique, la métafiction, l’imaginaire de la fin. Actuellement elle travaille sur les processus de propagation des idées dans les champs disciplinaires ainsi que sur les relations interdiscursives, notamment entre littérature, cinéma et contexte sociopolitique. Plusieurs de ses publications portent sur des auteurs de l’extrême sud du continent américain : Roberto Bolaño, Julio Cortázar, Ariel Dorfman, Patricio Manns, Darío Oses, Cristina Peri Rossi, Ricardo Piglia. En 2008, elle a inauguré le groupe de recherche Babel Borges <www.babelborges.org> qui a pour but l’étude de la diffusion de l’œuvre de Jorge Luis Borges dans la culture.
Brian Monast
La science n'est plus seule
Même en partant des postulats du matérialisme et du naturalisme, nous serions contraints d'admettre un dualisme épistémique dont ces pensées ne prennent habituellement pas la juste mesure. Toute connaissance est duelle, offrant un volet subjectif et objectif, chacun ayant son sens et sa valeur propres. Dans «La science n'est plus seule», Brian Monast nous présente des passages tirés des textes de certains physicalistes contemporains pour montrer que ces derniers ne peuvent eux-mêmes éviter une telle conclusion. Mais son propos aura surtout pour but d'expliquer pourquoi les approches naturalistes en général sont mal interprétées, autant par ceux qui y adhèrent que par ceux qui s'y opposent, et nous conduisent – pour cette raison seulement et pour autant qu'on fasse sienne ces approches – à saper notre sens du merveilleux et, en général, à nous rendre insensibles à la richesse de la vie.
Sous la direction de Jean-Marc Narbonne, Brian Monast poursuit présentement à l'Université Laval des études doctorales en philosophie. Ses recherches ont pour but de démontrer que la pensée naturaliste n’aperçoit pas les conséquences éthiques auxquelles conduirait le dualisme épistémique, quoiqu’elle admette ce dualisme, des conséquences qui seraient fort semblables à celles que l’on pourrait vouloir tirer d’un dualisme ontologique.
Les personnes intéressées pourront consulter les textes ou les extraits suivants d'Eddington, Fichte, Jackson, Ruyer et Searle :
EDDINGTON, Arthur S. (1928), The Nature of the Physical World (Cambridge University Press), chap. XI-XV.
FICHTE, J.-G. (1806), Initiation à la vie bienheureuse (trad. par Max Rouché, Aubier, 1944), 2e, 3e & 4e conférences.
JACKSON, Frank (1982), « Epiphenomenal Qualia », Philosophical Quaterly, vol. 32, p. 127-136.
RUYER, Raymond (1937), La conscience et le corps (P.U.F.), p. 1 - 14.
SEARLE, John R. (1992), La redécouverte de l'esprit (trad.par Claudine Tiercelin, Gallimard), chap. IV & V.
Jean Désy
Merveilleux et norditude
À partir d’un conte tiré de la mythologie inuite du Nunavik et qui met en scène Takanaaluk Arnaaluk, la déesse des mers (Sedna), il y a lieu de plonger dans certaines des sources de l’univers merveilleux nordique. L’histoire d’une jeune fille abandonnée par son père dont le destin fut de régner sur les océans après avoir donné naissance aux animaux marins, permet de saisir certains des fondements mêmes de l’âme inuite.
Une expérience personnelle de l’auteur, vécue il y a quelques années sur la côte de la baie d’Hudson, autour du cas d’une jeune femme psychotique que des Inuits, un pasteur et le maire du village, tentèrent d’exorciser, mais en vain, ce qui conduisit à une grave chicane entre Inuits et Qallunaat, permet de prendre conscience des enjeux qui ont actuellement cours au sein de la société inuite québécoise.
Cette société vit dorénavant de profondes mutations. Aux confluents d’une histoire millénaire de chasseurs-pêcheurs qui apprirent à survivre dans les conditions climatiques les plus rudes, elle est dorénavant confrontée à une Weltanschauung sudiste essentiellement rationaliste et qui, plus que jamais, reste soumise aux diktats de la techno-science.
Les habitants du Nunavik ne retrouveront les chemins de l’harmonie que s’ils reprennent contact avec leur mythologie propre comme avec plusieurs grands courants de la culture circumboréale ancestrale. Les plus grands mythes nordiques relèvent de la fantasmagorie, du merveilleux comme d’une spiritualité puissamment rattachée aux forces de la nature.
Bio-bibliographie
Jean Désy est né au Saguenay en 1954. Depuis, il vogue entre le Sud et le Nord, entre les mondes de l’autochtonie et de la grande ville, entre la haute montagne et la toundra, entre l’écriture et l’enseignement universitaire, entre la pratique de la médecine et la poésie, entre ses enfants et ses amours, tous éparpillés au gré de leur propre nomadisme. Il a publié plus de vingt-cinq livres au cours des vingt dernières années, du théâtre, de la poésie, des essais, des romans, des récits et des nouvelles. Ses dernières parutions, en 2009 et 2010 : Uashtessiu/Lumière d’automne (en collaboration avec Rita Mestokosho), aux éditions Mémoire d’encrier (poésie); L’esprit du Nord/Propos sur l’autochtonie québécoise, le nomadisme et la nordicité, XYZ éditeur (essai); La Baie-James des uns et des autres (en collaboration avec François Huot), Les productions FH (essai) ; Toundra/Tundra,/Nuntuinaalumi (en français, anglais et inuktitut), XYZ éditeur (poésie) ; Entre le chaos et l’insignifiance/histoires médicales, XYZ éditeur (nouvelles).
Sylvie Poirier
Réflexions sur le rêve et le merveilleux chez les Aborigènes australiens
Dans une perspective anthropologique, la question se pose à savoir quelle forme et quelle place prend le «merveilleux» dans ces traditions où le rêve s’inscrit dans le réel, participe activement au devenir du monde et est ainsi ontologiquement et épistémologiquement légitime. Devant de telles traditions, d’ailleurs nombreuses, poser la question du statut de l’imaginaire, du rapport au réel et des liens entre l’un et l’autre, implique de considérer d’autres ontologies, d’autres modes d’être-au-monde. Les Aborigènes australiens, par exemple, posent le Rêve, comme espace-temps mythique, à l’origine de tout ce qui existe. Là donc où les êtres, les choses et les événements doivent en quelque sorte être «rêvés» avant de s’actualiser, où les ancêtres et les esprits sont des êtres sociaux et des interlocuteurs valables, où les expressions mythiques, rituelles et cosmologiques, mais aussi sensorielles, émotionnelles et esthétiques sont intimement liées, comment en effet penser et situer le «merveilleux»? Après avoir exposé l’exemple des Aborigènes australiens, je m’avancerai à explorer les parallèles entre un récit mythique Aranda (Australie centrale), un récit tiré des Yogavasistha (Inde) et le texte Les ruines circulaires de Borges, en ce que ces trois récits, en des lieux et des temps différents, soulèvent l’énigme du rêveur rêvé et le potentiel de création du rêve.
Sylvie Poirier
Professeure titulaire
Département d’anthropologie
Université Laval
Bio-bibliographie
- 2008, «Reflections on Indigenous Cosmopolitics/poetic», Anthropologica, 50 (1) : 75-85.
- 2005, A World of Relationships. Itineraries, Dreams and Events in the Australian Western Desert. Toronto : University of Toronto Press.
- 2004, (avec J. Clammer et E. Schwimmer (dirs.)), Figured Worlds. Ontological Obstacles in Intercultural Relations. Toronto: University of Toronto Press.
- 2004, «La (dé)politisation de la culture?», Anthropologie et sociétés, 28 (1).
- 2004, «Ontology, Ancestral Order and Agencies among the Kukatja (Australian Western Desert)», pp. 58-82. In J. Clammer, S. Poirier & E. Schwimmer (dirs.).
- 1994, «Rêver la culture», Anthropologie et Sociétés, 18 (2).
Billy Vatcher
L'art de la magie et le besoin du merveilleux
La magie est une forme d'art qui a comme objectif de produire chez ses spectateurs l'émerveillement et l'étonnement. L'émerveillement (thauma) nous apporte à contempler attentivement. Dès lors, l'émerveillement est une attitude fondamentale dans l'apprentissage de soi-même et du monde. Cette démarche a la valeur de faire vivre l'expérience d'un monde vivant et mystérieux. Nous chercherons à montrer comment la magie comme art suscite l'émerveillement chez le spectateur.
Bio-bibliographie
Billy Vatcher est chercheur en philosophie et travaille sous la direction du professeur Thomas De Koninck. Son mémoire de maîtrise porte sur l'émerveillement comme point de départ de l'apprentissage. Magicien, il a présenté, lors des trois dernières années, plus de 300 spectacles de magie. Il s'inspire de la philosophie pour produire des présentations uniques.
Eric Crégheur
La topographie céleste des Livres de IÉOU: une illustration de la merveilleuse imagination des gnostiques
Les gnostiques se sont souvent fait accuser par leurs opposants d’avoir une imagination trop fertile. Irénée de Lyon affirme en effet qu’il ne peut s’empêcher de pousser une exclamation tragique devant leur audace d’apposer impudemment des noms sur leurs mensongères inventions (Contre les hérésies I,11,4). Cette communication propose d’illustrer cette assertion en se penchant sur la topographie céleste développée dans les Livres de IÉOU, un traité gnostique copte acheté en Égypte au dix-huitième siècle. Si les Livres de IÉOU figurent parmi les premiers textes gnostiques directs connus, ils font en revanche partie des ouvrages les plus méconnus de la «littérature gnostique». Sorte de guide pratique censé faciliter la remontée de l’âme, les Livres de IÉOU étonnent leur lecteur par la multiplication des sphères dont est composé le cosmos. Dans la présente communication, nous verrons un à un les lieux qui divisent le monde céleste des Livres de IÉOU, des éons jusqu’au trésor de la lumière. Ce faisant, nous décrirons leurs caractéristiques et leurs habitants, en nous servant des illustrations qui se trouvent à même le manuscrit.
Bio-bibliographie
Eric Crégheur est inscrit au doctorat en sciences des religions à l’Université Laval («Édition critique, concordance, traduction, introduction et commentaire des deux Livres de Iéou [MS Bruce 96]»). Il détient un baccalauréat (2001) ainsi qu’une maîtrise en études anciennes (2004).
«Les facteurs régissant la réception publique d’un texte ancien», Laval théologique et philosophique 65,1 (2009) : 35-44.
avec P.-H. Poirier, «La parabole de l'ivraie (Matthieu 13,24-30.36-43) dans le Livre des lois des pays», dans A. Frey et R. Gounelle, éd., Poussières de christianisme et de judaïsme antiques, Lausanne, Éditions du Zèbre, 2007, p. 297-305.
Schallum Pierre
Le réalisme merveilleux latino-américain et la question ontologique
L’influence des surréalistes et de leurs alentours, dont Franz Roh en particulier, sur la littérature latino-américaine n’est plus à démontrer. La très grande diffusion des Manifestes du surréalisme, la traduction en espagnol de Nach-expressionismus (Magischer Realismus): Probleme der neuesten europäischen Malerei par le philosophe José Ortega y Gasset (1927, Revista de Occidente), et les nombreux déplacements des tenants du surréalisme ont contribué à l’expansion du mouvement en Amérique latine.
Cependant, peu d’études contemporaines interrogent le rôle déterminant que l’écriture latino-américaine et caribéenne a exercé sur des écrivains comme André Breton et bien d’autres. Cette communication tentera de montrer l’apport significatif de cette écriture à l’avancement de la pensée du merveilleux. Elle mettra en lumière, en prenant appui sur les œuvres d’Aimé Césaire et d’Alejo Carpentier, la dimension ontologique du merveilleux en tant qu’il est ancré dans l’histoire, la culture et la mythologie populaire donnant lieu à une phénoménologie spécifique de la vie.
Bio-bibliographie
Schallum Pierre est chercheur-doctorant en philosophie de la littérature à l’Université Laval. Il s’intéresse à la problématique du merveilleux en philosophie et dans l’œuvre de Jacques Stephen Alexis.
Ancien étudiant de l’École Normale Supérieure de Port-au-Prince, il détient une maîtrise en arts et sciences de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Il a participé à l’organisation de nombreux colloques. Membre de plusieurs centres de recherches dont le Centre de Recherches Normes, Échanges et Langages (CRENEL, Paris) et le Groupe de Recherche Multidisciplinaire sur la Caraïbe (GREMCA, Québec), il est membre du collectif de rédaction de la Revue Recherches Haïtiano-antillaises, publiée chez l’Harmattan.
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