27 avril 2005
en memoire de nos aïeux

Anne-Clémence Valentin et Tony Mardaye
 

 

En attendant la décision du Premier Ministre, qui statuera sur une date officielle concernant la commémoration de l'abolition de l'esclave, nous nous en tenons pour l'instant à cette date symbolique du 27 avril 1848, où la IIe république, mit fin sous la pression et le courage de nos aïeux à une ignominie, à une abjection. Cette page de l'histoire est gravée en nous, cette tragédie nous a construite, cette trace indélébile a structuré notre relation avec nous-même, ainsi qu'avec les autres, nous pouvons  dire  que cette histoire est gravée en nous.  Pendant des siècles, nos ancêtres  furent traqués, chassés, capturés, vendus, encalés, humiliés, subissant l'implacable mécanique de la traite afin d'enrichir les siècles. Ils furent l'objet d'une incroyable  barbarie, chosifiés, bestialisés, animalisés.

  • Savez-vous combien de mères jetèrent leurs enfants par-dessus bord, du bateau négrier,  combien de corps furent dévorés par les requins?
     
  • Savez-vous combien d'avortement pour échapper à la CONDITION?
     
  • Savez-vous combien  moururent  pour qu'un vive ?  
     
  • Savez-vous combien de coups de fouet furent donnés afin d'enrichir les siècles?

Nous le savons, seule la connaissance de notre histoire, la survivance de notre mémoire, nous permettra d'entamer le processus de reconstruction identitaire, se réapproprier l'estime de soi et le respect vis-à-vis des autres. Mais cela passe, aussi,  par une reconnaissance du Crime par la France, par l'Europe afin d'entamer ce processus de guérison et de réconciliation.  Car faire reconnaître son histoire, c'est se faire accepter. C'est participer  à une société tolérante et égalitaire. Une société capable de faire face à ses responsabilités est une société plus forte qui ne pourra que peser d'avantage sur la sceine internationale, car c'est une société qui sera en accord avec elle même et ses principes. Nous devons  faire preuve de  vigilance!

Les principes de liberté, d'égalité et de fraternité, ainsi  que la démocratie ont un prix.  Ce prix fut payé par des hommes et des femmes, qui se sont battus, ont sacrifié leur vie afin que nous soyons libres, battus pour que le monde soit meilleur  aujourd'hui plus qu'il ne  le fut hier. Les tentations d'opter pour la barbarie, ne sont pas pour autant effacées des mémoires ou des ambitions de l'homme. C'est pour cela que nous devons rester vigilant et intransigeant, défendre vaille que vaille  nos convictions et les principes de liberté.

Nous avons les exemples de leur combat, ils nous ont légué la force et la volonté d'influer sur notre destin, une volonté  farouche d'inverser le cours des choses. Nous savons que le droit à la vie est la première des libertés, mais  la liberté de conscience l'est tout  autant.  Se souvenir, pas moins, sinon l'histoire se répétera.

Aujourd'hui, la tolérance et le refus des discriminations appartiennent au socle intangible des droits de l'homme. Mais nous savons que l'acceptation de l'autre et de ses différences, est l'un de nos combats et demeure une priorité dans nos sociétés républicaines. A cette fin, pour nous-mêmes, pour les autres, il est urgent de s'impliquer afin que la reconnaissance de la traite négrière et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité auprès du parlement européen, soit effective, comme  cela  fut  pour le parlement français en 2001.

Il est temps d'ouvrir la voie pour les réparations, pédagogies, pourtant,... si utile pour la construction de l'être et du peuple, une exigence de réflexion et d'action. Marquer cette histoire est un devoir de lutter sans merci contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme, de révisionnisme, contre tous ceux qui proclament l'inégalité entre les hommes. Merci de votre attention, je vous invite de marquer une minute de silence en la mémoire de nos ancêtres esclaves.

Anne-Clémence VALENTIN   et   Tony MARDAYE

 

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