Du bon usage des Fables

Zayann 2

Introduction

Hector Poullet & Association Akiyo
 

Zayann recto
Zayann II, ISBN 2-912300-47-9, 2002, PLB EDITIONS,
BP 155, 97181 Abymes cedex, Guadeloupe.

Pour la petite histoire: Quand un homme «d’affaires»,  de passage en Guadeloupe, nous a contactés en 1986 pour nous demander d’encadrer l’enregistrement des «Fables de La Fontaine travesties en patois créole» par François Marbot, Sylviane Telchid et moi avons préféré lui proposer de les réécrire. En effet, les textes qu’il voulait faire enregistrer avaient été écrits 140 ans plus tôt. Sous-tendus de l’idéologie esclavagiste d’un «vieux Commandeur», ils ne cadraient plus avec la réalité de ce qu’était devenu le monde créole.

Il faut dire que presque toutes les morales de La Fontaine avaient été détournées par Marbot. Par exemple dans la fable Le Loup et le Chien, un éloge à la liberté, Marbot concluait:

«Lou-la té ni yon mové santiman: sèvi Bétjé pli bon pasé alé mawon pou viv dan bwa èvèk sèpan èt oblijé alé volé pou manjé, sa pa lavi pou yon krétyen menm»

Et dans Le Rat des villes et le Rat des champs selon le vieux principe du «diviser pour régner», Marbot conseille:

«Nèg bitasyon, pa chaché Nèg lavil pou frékanté.»

Il en est de même pour pratiquement toutes les fables. Dès le prologue, Marbot annonce le but de son entreprise:

«Pou anpéché zòt méchan. Si dan kè-zòt sa rété, zòt pa k’alé si mové : bwè tafya, mawon dan bwa, fè sosyé èvè kenbwa, anpwazonné bèf béké, manjé tè, fè tout métyé tout mové nèg tini swen fè pou bay mèt-yo tentwen».

Il était donc hors de question pour nous de donner notre aval à cette opération.

Mais notre homme «d’affaires» était pressé; en français créolisé nous dirions «qu’il avait des affaires dans son corps». Il avait déjà fait dégager un prêt pour financer son affaire, réservé le studio d’enregistrement et engagé une équipe de comédiens. Il ne pouvait pas attendre. Il fallait faire vite.

En quelques jours, une centaine de Fables ont été enregistrées au fur et à mesure qu’elles étaient écrites. Nous nous étions réparti le travail: Sylviane ne cessait d’écrire chez elle, à Capesterre. Je tapais les textes, les photocopiais. Le studio étant à Gosier, je faisais des allers-retours, ayant à distribuer les rôles des comédiens, veiller à la qualité de la diction, d’interprétation. Les textes seraient ensuite mixés sur un fond musical. Ce n’est que le soir, après parfois dix heures d’enregistrement, que je parvenais à écrire une ou deux fables.  Pour garder l’unité de style, je m’évertuais à imiter celui de Sylviane. Je me suis tellement coulé dans ce moule qu’aujourd’hui il serait difficile, sauf à nous, de dire quels textes sont de l’un ou de l’autre.

Dans le mois qui a suivi ce travail, les cassettes produites ont été vendues par des équipes de vendeurs qui parcouraient la Guadeloupe. L’homme «d’affaires» a ensuite disparu de notre archipel sans crier gare, emportant le fruit des ventes, laissant les vendeurs sans salaire et le remboursement du prêt bancaire à un pigeon qui a mis des années à payer. On nous a signalé sa présence quelques années plus tard à la Réunion.

Les textes que nous avions écrits auraient sans aucun doute disparu, comme beaucoup d’autres, s’ils n’avaient été précieusement conservés au GEREC par les bons soins de Bernadette Cervinka. Qu’elle reçoive ici nos remerciements.

Ce n’est que dix ans plus tard, pour la publication d’une version écrite des Fables, que j’ai davantage participé à la réécriture des textes. C’est ce qui explique que le fonds des Fables soit en grande partie de  S. Telchid.  Ni l’un ni l’autre n’ayant la prétention de se  prendre pour un  écrivain, n’ayant pas le sentiment de propriété des textes que nous écrivions, l’idée de signer séparément chacun des textes  ne nous est pas même venue à l’esprit. Nous étions des militants de l’Identité créole. Nous avions créé une association, «Krèy», dont le but était « le développement d’une littérature en langue créole». Pendant dix ans, alternativement, nous en avons été président et secrétaire. Nous étions des collaborateurs.  Nous collaborions à une grande œuvre: la mise en place de la littérature créole pour les temps à venir.

Dans ce travail des fables, pour ma part, je ne suis pas toujours parti de rien, même si nous refusions de prendre comme modèles les Fables de Marbot. Par exemple dans la fable «Le Corbeau et le Renard» (Gyenbo épi Rakoun) je me rappelais seulement des deux premiers vers:

«On jou konpè Gyenbo asi on gwo pyébwa
Té ka manjé on kwi farin patat é pwa!»

Mon père les chantait quand j’étais enfant sur l’air de «c’est la mère Michel qui a perdu son chat». D’où tenait-il ces paroles? Les avait-il lui-même inventées? Je n’en sais rien. J’ai  écrit la suite du texte dans le même style, en alexandrins, en laissant de côté le refrain qui se chantait sur une autre mélodie:

«Gyenbo-la ka manjé an kwi an-mwen
An kwi a manman-mwen ! gyenbo-la ka manjé!”

J’ai préféré écrire:

«Tala i té la la,  sé-y i ban nou fré-la!
Pa mandé-nou kimoun ésa i té la la!» 

Ce qui permettait de poursuivre le même air du «tralala, du tradéridéra, tralala!»

Il en est de même de la fable «Le Loup et l’Agneau» (Konpè Lou é Timouton). C’est un collègue, professeur de français non créolophone, qui m’avait apporté ce texte non signé, écrit en créole. Il me demandait, de le réécrire afin qu’il puisse l’utiliser en classe avec les élèves du collège. J’ai donc porté quelques modifications à un texte qui existait et dont j’ignorais, et ignore encore, le nom de l’auteur.

«Le Pot de terre et le Pot de fer» ( Kannari é Chodyè) est également un texte non identifié qui a été publié en créole guyanais et que j’ai adapté en créole Guadeloupéen. Je l’avais fait mettre en bande dessinée par R. Arékian, et l’ai utilisé pour passer mon habilitation à l’enseignement de la Culture et de la Langue créoles. Les membres du jury, l’IPR Bernabé, le Professeur J. Bernabé, D. Colat-Jolivière et Lambert Félix Prudent, tous linguistes et créolistes, n’ont pas su me dire le nom de l’auteur guyanais qui avait commis ce texte.

«Les animaux malades de la peste» (Zannimo ozabwa) est un texte que Raphaël Confiant m’avait confié,  refusant de me donner le nom de l’auteur, disant seulement qu’il s’agissait d’un professeur Guadeloupéen de lettres classiques, en poste en Martinique dans les années 80, texte que j’ai pris la liberté de modifier quelque peu pour le rendre plus actuel. Je demande à l’auteur, s’il se reconnaît, de m’en excuser.

Enfin «La laitière et le Pot au lait» (Adidi machann lèt), m’a été récitée par une fleuriste de Basse-Terre. Elle  m’a assuré que leur institutrice  faisait apprendre cette fable aux élèves du cours élémentaire dans les année 40… preuve que le créole n’a pas attendu le CAPES créole pour entrer à l’école. Elle n’a pas su me dire le nom de l’auteur.  Le texte s’est trouvé par erreur dans Zayann 2, l’ayant laissé par inadvertance dans la liasse à taper au secrétariat des éditions PLB. Je devais apprendre  plus tard que ce texte avait été publié dans la Revue Guadeloupéenne signé de Yvandoc (de son vrai nom Coradin), membre de l’Académie créole des Antilles.

Voilà pour la petite histoire.

Pilpay, Esope, La Fontaine, Florian et les autres: fables et contre-fables.

Nous nous sommes inspirés de La Fontaine, comme lui-même s’était inspiré  d’Esope (c'est-à-dire l’Ethiopien), comme ce dernier se serait lui aussi inspiré de l’Indien Pilpay. A vrai dire, la plus grande partie de ces Fables remonte à la nuit des temps, transmise de bouche à oreille au gré des guerres et des flux migratoires.

Il faut savoir que ces fables, que nous apprenons aux enfants, étaient à l’origine destinées aux adultes. Il n’est donc pas étonnant que nous y trouvions souvent une moralité en totale contradiction avec la morale que nous voulons enseigner aux jeunes. Les faibles et les naïfs sont sans cesse bernés par les puissants ou les plus rusés, «la raison du plus fort est toujours la meilleure». Le Loup dévore l’Agneau sans autre forme de procès,  le Renard laisse le Bouc au fond du puits, le Corbeau se fait voler son fromage, sans que jamais justice ne soit rendue, et « selon que vous êtes puissant ou misérable les jugements de cour vous font blanc ou noir» (la contraposée étant également vraie: «selon que vous serez blanc ou noir les jugements de cour….);  la dure réalité du combat pour la vie vient battre en brèche tous nos idéaux d’entraide, de fraternité, de solidarité.

D’où l’idée d’écrire des contre-fables. D’autres avant nous s’y sont essayés avec succès. Nous nous sommes inspirés de textes écrits par Anne Duguël dite Gudule. Son livre: «Après vous Monsieur de La Fontaine» nous a quelquefois indiqué le chemin. Nous lui avons emboîté le pas sans pour autant la suivre à la trace.

Nous nous sommes également inspirés des Fables de Florian, en particulier de celles qu’on nous faisait réciter à l’école primaire quand nous étions enfants.

D’un conte de Marie-Thérèse Lung-Fu, nous avons aussi fait une fable.

Enfin, certaines autres  nous ont été inspirées de faits divers publiés dans la presse ou de mésaventures arrivées à des amis. Ces dernières, nous les avons d’abord écrites en «français France» ou en français «des Antilles».

Comment utiliser ces textes ?

Ces fables sont d’abord et avant tout écrites pour être dites. Elles ont déjà la forme de dialogues. Un conteur ou récitant dit l’ensemble de l’histoire, deux ou trois protagonistes jouant les personnages ponctuent la narration. La morale peut être énoncée soit par le récitant, soit par plusieurs voix ensemble. Se mettre en situation spatiale, corporelle et émotionnelle permet une meilleure compréhension du texte,  une appropriation de la situation et de la «morale». Donner à apprendre et à jouer ces textes est un excellent exercice ludique de mémorisation et une initiation au théâtre. Il s’agit aussi d’un exercicequi doit améliorer la diction.

En second lieu, l’étude des fables peut être l’occasion d’une réflexion sur la graphie. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une orthographe, au sens strict du terme, du moins en Guadeloupe où aucun texte officiel n’a tranché sur la graphie. Il ne saurait, par conséquent, être question de parler de «fautes d’orthographe». On peut tout au plus parler d’incohérence graphique quand il y a chevauchement des codes utilisés,  phonologique ou étymologique. Les dictées créoles ont fleuri ces derniers temps. La population manifeste un véritable engouement pour l’apprentissage de la graphie phonologique. C’est pour cette raison, me semble t-il, que nous devons nous garder de la décourager en parlant de « fautes », mais qu’il convient au contraire de l’encourager en notant de manière positive les performances de chacun. Il faudrait  alors  parler de «discordances» ou «d’incohérences» graphiques  et non de «fautes d’orthographe».

Dans la phase d’adoption de cette graphie phonologique, alors que l’ensemble des locuteurs créoles alphabétisés en français n’a pas encore totalement fait le deuil d’une graphie étymologisante, il ne nous semble pas opportun de revenir régulièrement sur certains graphèmes, ni même de débattre indéfiniment de certaines règles pour faire naître artificiellement des exceptions à la règle. Quand la grande majorité des créolophones a déjà du mal à accepter que le graphème[y] ne représente pas une voyelle mais une semi-voyelle, aller expliquer que ce phonème doit  s’écrire [i] à l’intérieur d’une syllabe, mais[y] en début de syllabe, nous semble un détail superflu. Il en va de même de l’accent grave sur voyelle. Pourquoi faudrait-il écrire «bòbò» et «bòbol» au prétexte que la consonne finale ouvre automatiquement la voyelle précédente et que le deuxième accent dans «bòbòl» serait superfétatoire. Sans doute, pour les initiés qui connaissent les règles de la phonétique, ce deuxième accent grave dans « bòbòl » est une redondance inutile, mais après tout, les redondances graphiques existent dans toutes les langues, elles ont pour fonction de faciliter la lecture et la compréhension. Lorsqu’en français nous écrivons «les élèves», le «s» du nom, qui ne s’entend pas à l’oral, n’est qu’une redondance graphique pour s’assurer que le lecteur a bien compris qu’il s’agit d’un pluriel, ce qu’a déjà signalé l’article défini pluriel «les».

En revanche, ce qui semble davantage poser problème à nos nouveaux scripteurs créoles c’est le figement de certains lexèmes. Pourquoi écrire «chapèdbangn» et pas «chapè-d-bangn», pourquoi «/twazè-d-maten» et pas «twazèdmaten/»? La vraie préoccupation de ceux qui aimeraient écrire «correctement» le créole est de savoir quand il faut mettre des tirets, des apostrophes, ou quand agglutiner. Leur expliquer qu’il existe quelques règles simples, que souvent la notion de «mot» est question d’intuition et que cela se développe avec la pratique de l’écrit, les rassure. Ce qui  justifie encore plus la nécessité d’éviter le concept de «faute d’orthographe». J’ai moi même longtemps écrit de façon indifférenciée « kay » pour  l’opérateur verbal à valeur de futur proche et pour  «k’ay», contraction de « ka ay». Aujourd’hui je  distingue les deux et je sais que lorsque j’écris «Jan k’ay travay» ou bien «Jan kay travay»,  je ne dis pas la même chose. Dans le premier cas, Jean va au travail, dans le deuxième cas, il aura bientôt l’occasion de travailler. L’écrit a besoin d’être plus précis que l’oral, non pas pour détecter les «fautes», de néophytes, mais parce qu’il n’est pas possible d’interroger son interlocuteur pour avoir plus de précision sur ce qu’il dit. Tout cela demande explication et c’est ce que nous comptons faire dans des notes sur la graphie.

En troisième lieu, l’étude des fables peut être l’occasion d’enrichir le vocabulaire créole. En effet,  le lexique que nous utilisons quotidiennement est souvent restreint au strict minimum. Dans ces textes au contraire nous cherchons volontairement à réemployer des mots ou des expressions en voie de disparition. C’est un choix. Il va de soit que notre parler de tous les jours n’est pas émaillé de «apoulòsdonk» «kifèwvwè» «érèzdibonnè» «asifi», «anni», «konmdifèt»; «kanmenmsi»; «kisiswa-kinanswa». Il s’agit du créole «des gens de   l’habitation», un créole «campagnard», de ce  temps où les créolophones étaient encore unilingues et où la langue française était en cours d’acquisition. C’est ce créole-là que nous avons choisi comme standard, suivant la voie ouverte par les premiers créolistes  qui nous ont précédés, tels que Fondoc (Baudot), Yvandoc ( Coradin ), Bazerque, Germain William,et tous les autres…Pour ceux qui ne connaîtraient plus ce vocabulaire, nous mettrons une note lexicale.

Le quatrième point étudié sera d’ordre grammatical. La grammaire n’est pas toujours comme nous l’aurions voulu «une chanson douce». Etudier la forme (morphologie) des mots, ainsi que leur enchaînement (syntaxe) - ce qui constitue la grammaire, c'est-à-dire la structure, l’architecture, le squelette de la langue, sa logique de fonctionnement - peut sembler  un exercice rébarbatif, surtout si cette activité est ingurgitée à forte dose. Nous tâcherons de la faire passer par petites touches. Les notes de grammaire seront aussi simples que possible.

Le cinquième domaine qui fera l’objet d’annotations sera celui du culturel. Les textes font souvent référence à des histoires connues autrefois de tous, ou à des pratiques traditionnelles en voie de disparition. Une note culturelle rappellera ces histoires et/ou pratiques d’antan.

Le sixième point traitera de la traduction. Traduire ces fables créoles en français (ou toute autre langue) est un exercice passionnant. Il faudra d’abord choisir le niveau de langue correspondant à celui utilisé en créole. Ensuite il sera nécessaire de choisir le français créolisé des Antilles  ou le français plus académique. Nous pensons que traduire systématiquement n’est pas indispensable à la compréhension surtout pour des créolophones, et qu’il est fort intéressant de s’imprégner du texte sans le traduire. Mais  travailler sur la traduction amène à  une gymnastique de l’esprit qui renforce le bilinguisme. S’entraîner à passer d’une langue à l’autre,  sentir les différences de musicalité des langues, la force particulière des mots français ou créoles, l’entrée convergente de deux imaginaires, ne peut être qu’un enrichissement.

Enfin, septième exercice auquel pourra donner lieu l’étude des fables est l’atelier d’écriture, ou plus exactement de réécriture. En effet la forme d’un texte n’est définitive que par la force des choses. Il arrive un moment où l’auteur doit décider d’arrêter de modifier son texte. Désacraliser l’auteur et son texte, permettre aux apprenants de réécrire un paragraphe à leur façon, ou encore d’imaginer une suite possible à une fable, voilà un atelier d’écriture pour les apprentis écrivains.

Toutes ces activités ne seront pas menées de façon systématique. Ce serait à la fois trop répétitif et fastidieux. Mais chacun pourra de lui-même imaginer  des prolongements, sur des points que nous n’avons pas, nous, mis en valeur. Merci et bon travail.

Atelier d’écriture

Adidi machann lèt

Adidi machann lèt
jenn zazou cho kon lay
té ka désann Bastè
chaj si tòch
toch si tèt
van an vwèl a-y.
Fèt Bayif pa té lwen
é manmzè té bizwen
pou i té fété
on gran chapo «paille d’Italie»
on bèl jan wòb twèl «d’organdi»
é bèl soulyé.
- Mé o touvé sou pou mwen achté sa?
Evè lavant a lèt-la
mwen ké achté mango-kabann
pou mwen ruvann
kontrubann pa fèt pou chyen
ponmoun pé ké sav ayen.
Li ka di sa
pyé a-y ka glisé
asi on grenn zaboka.
Tré ka chapé
fèblan ka voltijé!
Vini vwè chumen bwè lèt!
Zanfan kouté
é mèt an pratik:
pa jen filé kouto avan kenbé kabrit!

Extrait de Zayann 2, texte de Yvan Doc.

Adidi machann lèt

Dé men si tèt
Adidi wouvalé dlo-zyé a-y:

  • A wè ! lapenn pé di i pwofitan!

Mé pitit a maléré pa ni gwokè.
Alòkifè, Adidi viré akaz a-y
ankaraktè.
Rivé, mi i ka wouvin touvé Ektò
mèt fengnan douvan Létèrnèl
Do si kouch, toulong
ka chofé kabann
sòlèy ka brilé lonbrik a-y.
Adidi égri ka toufé.
Lang a-y touné sèt fwa an bouch a-y
mé i rivé kenbé-y.
I pa di mwik.
Nòstròm limenm a-y
pa lévé manzèl digad.
Kanmenmsa, on lè sa té two fò ba-y
Fengnan konparézon zòt sav
i pwan on ton a mètlékòl 
pou  mandé:

  • A pa té lèt ou té ay vann?
    Lajan a lavant-la, ka ou fè èvè-y?
    Ou fè konmisyon?

Way ! mi bab!
Adidi bésé zyé
Mété dé men si koté
Pwan souf a-y
Epi i konmansé ka hélé
Kon véra yo ka sengné:

  •  Konsayéla, ou té voyé-mwen an konmisyon?
    Mèyèkwè sé ba-w an ka woulé?
    Alòkifè, an ka lévé opipirit
    avan jou fè jou, an ja ka ba kò an-mwen bann
    E vou ka konpwanndi lajan a lavant a lèt-la sé ta-w!
    Eben, ban-mwen di-w sa tibwen:
    lajan-lasa pa ta-w!
    An ka fè sa an vlè èvè-y
     alò pa ban-mwen gaz!
    Kanta-w voumenm a-w astè
     kontinyé rété kouché si do
    Gyèl gran wouvè ka èspéré on manjé
    Tonbé tou kuit adan-y
    E ou ké ban-mwen nouvèl!

Ektò pa fè ni yonn ni dé
i lévé an kabann-la
i di an kè a-y :

  • Atann timafi !
    An ké montré kimoun ki mèt isidan
    Alé alé a-w, alé a-w sé ta-w
    Mé... pa pè, viré a-w sé tan-mwen !
    Ou ké tann papal !

Konmdifèt, on simenn pa pasé
Adidi vin touvé patchaj a-y maré
Douvan pòt a kaz-la
Padavwa kaz-la té ta boug-la
E misyé té chapé.
èvè on lòt madanm:
On fanm i té mété boug-la ankaz!

E wè, sé kon tipawòl-la ka di:
«Fo ou mété difé an pay sèk pou ou tann krikèt chanté»
«Fo ou dòmi an kalòjj a poul pou ou sav si poul ka wonflé»
 Epi, toujou défyé-zòt dè dlo ka dòmi!


 
àlàphant  Zayann I
 
 
 
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