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Défi Radio-Canada

Thélyson Orélien Prix du public

 

Thélyson Orélien

''Dans le cadre de notre série «Les écrivains et la science, petites découvertes et grandes révélations» nous vous avions mis au défi de nous raconter en 500 mots votre rencontre marquante avec la science ou la technologie. «Où va le mond» a largement remporté la faveur des lecteurs et reçoit donc le Prix du public. Son auteur, le blogueur, chroniqueur et poète Thélyson Orélien, recevra la collection complète des GG 2012 en français, offerte par le Conseil des arts du Canada. Rencontre avec un jeune auteur de «poésie-fleuve» à surveiller''.- Zone d'écriture / Prix littéraires Radio-Canada.

1. Parlez-nous un peu de vous....      

Honnêtement, je dois dire que je n'aime pas trop parler de moi. Mais je dois essayer, un peu. Bon. Je suis Thélyson Orélien, je suis né aux Gonaïves en Haïti, le 23 mai 1988. J'avais effectué des études de droit à l'Université d'État d'Haïti avant de venir m'installer définitivement au Québec. Je poursuis actuellement mes études bidisciplinaires en économie et politique à la faculté des arts et des sciences de l'Université de Montréal. Je suis aussi chroniqueur et poète. Au moment où j'écris, j'attends avec patience la décision d'un comité de lecture, qui lit mon manuscrit depuis environ huit mois, dans une maison d'édition à Montréal qui a pour mission de réunir des auteurs de diverses origines. Je croise les doigts. 

2. D'habitude, vous écrivez quoi?

D'habitude j'écris de la poésie, c'est mon élan créateur, et c'est là l'essentiel. Il ne s'agit pas tout simplement d'écrire des poèmes hachés ou entrecoupés, mais aussi de la poésie-fleuve en prose. J'écris aussi dans quelques ouvrages collectifs et des revues littéraires et artistiques par-ci et par-là, j'anime Parole En Archipel une revue littéraire et culturelle en ligne et quelques chroniques publiées dans Le Cercle la presse, un espace de citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos dans Cyberpresse.

3. Vous avez choisi de nous raconter votre rencontre avec la science à travers le personnage de votre grand-père et vos souvenirs d'adolescence. Était-ce une évidence?

Tout ce que j'ai raconté est une évidence. Il n'y a même pas de pieux mensonges, c'était mon atmosphère familiale. Mon grand-père est mort, mais mon père lui est là et bien vivant. Mon grand-père, je continue à le reconnaitre aujourd'hui à travers mon père. J'ai été élève à une prestigieuse institution religieuse que dirigeait la congrégation des Frères de l'Instruction Chrétienne. Mes lectures étaient toujours guidées, soit par un professeur, soit par mes parents. Ma curiosité m'a aidé à découvrir d'autres horizons, à toucher et à même voir des choses interdites à l'adolescent que j'étais. Où va le monde de Walter Rathenau est l'un des premiers livres philosophiques que j'ai lus. Il a laissé quelque chose d'indélébile dans la mémoire du petit garçon assoiffé de savoir que j'étais et que je suis encore aujourd'hui.

4. Quel est le plus grand défi que vous avez dû relever pour écrire cette histoire ?

J'ai été au troisième étage de la Bibliothèque des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Montréal quand j'ai vu l'annonce du concours dans ma boîte de réception «Il y a une vie après le Prix de la nouvelle! Nouvelle série thématique et nouveau défi à la Zone d'écriture: les écrivains et la science, petites découvertes et grandes révélations.» Étant donné que j'avais raté la chance de participer au Prix nouvelle Radio-Canada, j'ai rédigé ce texte. Le plus grand défi, c'était de choisir entre le devoir que je devais rendre et le concours. Un concours reste un concours, rien ne me disait que j'allais gagner. Étant donné qu'aujourd'hui je remporte le Prix du public, je dois dire que, quelque part, mon défi a été relevé.

5. Quelle relation entretenez-vous aujourd'hui avec la science et la technologie? (votre curiosité est-elle toujours aussi vive?)

Aujourd'hui j'ai 24 ans, je suis de la génération de ceux qu'on traite de «jeunes». Le premier ordinateur que j'ai touché, c'était en 2001 je crois, à une foire d'exposition informatique, et ainsi de suite dans les cybercafés, mais ce n'était pas le fait de manier un ordinateur que je considérais comme une découverte. Peut-être que des gens peuvent se questionner: pourquoi parle-t-il sa rencontre avec la science et la technologie à travers un livre de philosophie? Ce livre, à l'époque, comme une sorte de prophétie, me parlait de l'organisation sociale dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Je ne savais pas que ce que je lisais était de la pure philosophie, mais qui sait si les sciences et la technique ne se découlent pas d'une philosophie pure. L'écriture de Rathenau n'était pas difficile à lire, contrairement à celle de Flammarion qui me faisait peur avec ses dinosaures, et qui parle de l'origine de la terre, à laquelle je ne comprenais rien. Où va le monde, c'était comme une voix qui me parlait de l'organisation de demain. Une découverte faite par le biais de la pensée, en questionnant l'avenir du monde: où notre époque puise-t-elle encore le courage de parler de développement, de sciences, de technologie, d'avenir et de fins, d'orienter la moitié de son activité vers ce qui n'existe pas encore, de songer à la postérité, d'inventer des lois, de poser des valeurs, d'accumuler des biens? Aujourd'hui j'utilise les réseaux sociaux comme tout le monde, j'ai un email comme tout le monde, mais aussi je peux bloguer et me servir d'un petit morceau de technologie pour recueillir et rassembler quelques fragments de vies et de voix, ou publier des textes en ligne. Je suis aussi curieux aujourd'hui que j'avais douze ans.

6. Des 18 finalistes, en excluant votre texte, qui auriez-vous choisi comme gagnant? Pourquoi?  

Pour moi ce n'est pas facile de répondre à cette question. Je préfère tout simplement ne pas répondre. Seulement, je peux dire que j'ai aimé les choix de finalistes.

7. Qu'est-ce que cela signifie pour vous de remporter le Prix du public?

Remporter le Prix du public signifie tout simplement que je n'écris pas seulement pour ma joie solitaire. Qu'il y a du monde qui se retrouve dans ce que je dis et qui s'intéresse à ce que j'écris. Je suis tellement content de ça. Ce n'est pas parce que je remporte un prix, mais parce que j'ai trouvé cette source de motivation venant même de spécialistes du monde des lettres et des arts, qui me disent: «vas-y», pour me donner davantage de confiance en moi. Je tiens à les remercier tous et toutes.

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Thélyson Orélien né aux Gonaïves (Haiti), est poète à temps plein. Chroniqueur et blogueur, il écrit quelques articles dans Cyberpresse. Thélyson Orélien fait ses études à la Faculté des Arts et des Sciences de l'Université de Montréal. C'est dans la chanson qu'il commença à faire ses élans créateurs pour ensuite s'adonner à l'écriture poétique. Lauréat de plusieurs concours d'écriture, il a publié Les couleurs de ma terre in La poésie, la prose poétique aux éditions de l'Hèbe en Suisse, qui lui a valu le Prix International Jeunes Auteurs. Il fut finaliste du Prix Arthur Rimbaud de la Maison de Poésie de Paris et de la Fondation Emile Blémond pour L'ombre qui colle à mes pas. Certains de ses textes sont parus dans plusieurs revues et ouvrages collectifs, dont La Nouvelle anthologie de la jeune poésie d'aujourd'hui de la Maison de Poésie de Paris, dans Le Persil journal littéraire avant-gardiste de la Suisse romande, dans DiptYque revue belge, dans IntraQu'îllités, revue Haïtienne sous la direction de James Noël et Pascale Monnin et dans l'Anthologie «Poètes pour Haïti» paru chez l'Harmattan.

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