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Rosine Nobin, la littérature pour relier Guadeloupe et Italie Extrait de France-Antilles
Article |
À 50 ans, Rosine Nobin est une femme très dynamique. Née à Pointe-à-Pitre, Rosine a été adoptée par l'Italie, pays de son mari, qu'elle a rejoint il y a plus de vingt ans, après avoir vécu vingt ans à Paris. En Italie, où elle travaille son art poétique, Rosine fait, depuis un an, la «une» des journaux. En 2007: elle a remporté le premier prix national Giacomo Léopardi et le premier prix de poésie internationale.
C'est dans l'avion qui l'emmenait au Zaïre, où elle devait accompagner un groupe de Français pour un échange culturel, que Rosine a rencontré Amedeo Marchionni, celui qui allait devenir son mari. Depuis, ils ne se sont jamais quittés.
Rosine a poursuivi des études pour travailler dans l'administration, elle a fait du stylisme avec son frère et a été mannequin pour la haute-couture. «Il y a douze ans, j'ai ressenti l'envie de reprendre ma plume, car, en Italie l'inspiration m'est revenue», Rosine est alors installée dans le centre, à Recanati dans la zone de Mardi, pays natal de Giacomo Léopardi, poète et philosophe du XIXe siècle. Il fallait que je retrouve une activité. «J'ai eu deux enfants, Maïa et Sacha, qui ont aujourd'hui 18 et 15 ans. Avec mon mari, nous avons également ouvert notre restaurant.» Entre deux voyages en amoureux. puisque Rosine et Amedeo sont passionnés d'antiquité et aiment découvrir le monde, Rosine se remet à refaire de la poésie. Après Recanati. le couple Marchionni s'installe dans le nord de l'Italie, à Livigno. Amedeo devient enseignant.
«Quand mon mari a obtenu sa titularisation, en tant que professeur de lettres. j'ai dû occuper mon temps libre. Je pense que pour ne pas rester seule, j'ai trouvé un refuge dans l'écriture.»
L'amour de son prochain
Rosine a une douleur à exprimer et, observant les gens en grande difficulté, elle exprime aussi la douleur de son prochain. «Comme en Guadeloupe, en Italie, l'actualité a relaté l'histoire de jeunes filles qui accouchent en cachette et abandonnent leur progéniture, ainsi que d'autres faits divers atroces.» Ce sont tous ces regards tristes lancés aux autres, que Rosine retranscrit sur sa feuille. C'est avec son poème Haïti Douleur (Haiti Dolore) qu'elle a remporté le premier prix national Giacomo Léopardi et avec Le marché des rêves (Il mercato dei sogni), qu'elle a remporté le premier prix du concours international de poésie. «J'ai remporté ce concours réservé aux femmes qui a lieu à Pesaro. Six cents candidates y participaient», explique Rosine.
«Grâce à mon mari, qui me stimule, je souhaite éditer un recueil de poèmes. Je pense que je vais y mettre une trentaine de mes œuvres.» Toujours très attachée à ses racines, Rosine va même dévoiler, sur une double page, son poème intitulé Neg Marron, Negro in fuga («Nègre en fuite»), qui sera traduit de l'italien en créole. C'est d'ailleurs ce qui a plu aux organisateurs du concours international de poésie. Rosine, qui est trilingue, a reçu les honneurs pour la musicalité de ses propos, car elle écrit en Italien, mais aussi en français et en créole. «On m'a également félicité pour cet amour que je porte aux autres, le transport de joie qui se ruent dans mon écriture et ma sincérité», se réjouit la poétesse, en relisant quelques lignes d'un courrier qu'elle garde précieusement avec elle. Rosine, qui est en Guadeloupe jusqu'au 3 mai, profite de ses vacances pour passer du temps avec ses parents, revenus au Raizet il y a huit ans, après avoir habité Paris.
«Je prends également des contacts pour un autre de mes projets de publication.» Un instrument qui servira à fusionner la Guadeloupe de son enfance et l'Italie où elle vit. «Je veux croiser mes deux cultures, créole et italienne, au travers de la langue dans un premier temps.» Rosine veut les rapprocher au travers des diverses formes d'expressions artistiques. «Faire le lien entre le culturel et la réalité sociale et économique de la Guadeloupe et de l'Italie.» Rosine a déjà pris contact, lors du Salon de livre 2008, avec le créolophone Hector Poullet. Elle a choisi Jean-Michel Bellejambe afin de l'aider dans la recherche de sponsors et pour la communication sur place. «Je veux fusionner au mieux mes deux culture. Je pourrai aussi rendre visite aux élèves dans les écoles, parler de poésie et musique, poésie et rhum, etc. Parler de la production typique de la Guadeloupe et de l'Italie. Bâtir un pont pour que se rencontrent l'Italie et la Guadeloupe... mes deux pays.»
Valentine BRUNO

