3 Avril 2000 - 3 Avril 2004
Quatre ans déjà.
Jean Léopold Dominique
Quatre ans
Depuis que tu n’es plus.
Quatre ans
Depuis que tu es parti
Vers des mers inconnues
Vers des terres sans détour. Le combat pour la démocratie n’est pas mort
Hier encore tu viens de triompher.
Là où tu vis
On te dit sourd, muet et aveugle
Mensonge.
Hier encore le clairon a sonné
Hier encore c’était un matin
Un matin de fin de dictature
Un matin de mille neuf cent quatre vingt six
Un autre matin
Mais encore un matin de fin de dictature
Un matin de deux mille quatre.
Radio Haiti-Inter garde son silence
Mais je suis certain qu’elle n’est pas muette.
Hier encore tu combattais pour la démocratie,
Pour le respect des normes
Hier encore tu as triomphé.
Hier ton français était mélangé
Car tu ne négligeais pas ton peuple
De soixante-dix pour cent analphabètes.
Jean
Je me demande pourquoi tu n’es plus
Léopold
Je me demande pourquoi tu es parti
Dominique
Je me demande que fais-tu ?
Jean Léopold Dominique
Ton fou rire me manque
Ton discours mettait en confiance un peuple
Mais beaucoup était touché
Frappé car parmi eux
Il y avait ses trafiquants
Ses bluffeurs, ses magouilleurs.
Hier avril 2000
C’était un coup dur
Entre ses « hiers » dont je parle
Il y aura un aujourd’hui pour toi
Hier avril 2000
Tu es parti sans un au revoir
Hier avril 2001
L’enquête se poursuit
Hier avril 2002
L’enquête se poursuit
Hier avril 2003
L’enquête se poursuit
Demain
Avril 2004
Ton heure est proche.
Radio Haiti-Inter garde son silence
Mais je suis certain qu’elle n’est pas muette.
Un mois avant
Les journalistes fuyaient leur maison
Un mois avant
Je ne pouvais pas crier aba
Sans me faire « jando».
Hier démocratie a été présente
Hier vingt-neuf février deux mille quatre
Demain justice sera en allégresse
Demain Jean Dominique courage.
Tes assassins sont là
Un peu partout
Je ne les connais pas
Mais Dieu sait tout.
Léopold
Ton charme nous manque
Il y a ces paysans
Qui parlent de reforme agraire
Ton peuple ne t’oubliera jamais
De peu tu pouvais etre son homme
Mais tu es parti
Pour avoir dit non
A la médiocrité
A la tromperie.
Jean
Tu étais l’ami de cette masse défavorisée
Que l’autre Jean
A déjouée par de vilains discours.
Radio Haiti-Inter garde son silence
Mais je suis certain qu’elle n’est pas muette.
C’est ici que tout a débuté
Radio Haiti-Inter
C’est ici que tu es devenu homme
En recherchant la sagesse
En se mettant du coté des laissé pour contre
C’est ici que tu étais un homme comblé.
Toi n’avais pas de préjugé
Qui prônais la liberté,
Qui étais un ami de la démocratie
On a mis fin à tes jours
Mais pas à ton âme.
Ton âme vit encore
Hier démocratie a triomphé
Demain beaucoup seront ligotés.
Hier des trafiquants de drogue
Ont été écroués
Demain d’autres suivront
Pourquoi pas l’autre J…
Le combat de la démocratie n’est pas mort
Jean Léopold Dominique
Il viendra un jour
Où l’on rira ah ah ah
Yo pran yo.
Les assassins sont dans la ville.
Rèl Cri d’Espoir.
|