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une fois dans le tard
tant les retards me plaisent
sans urgence et sans mesure
une voix traça sa voie
dans les fentes de ma patrie
assommée d’urgence
tous ceux et toutes celles qui s’y lancèrent
se sont transformés en chevaux de bois
des chevaux volant
des oiseaux trottant
annonçant ça et là l’amour
un cheval de bois hennit de toutes ses forces
dans ma voix et ma patrie
puis les blessa dans toute leur plénitude
je suis bien sur d’un pays blessé
que je porte sur mesure
dans un brancard jusqu’outre mer
dans les sillons du tard
dans les sillons des trottoirs
je suis bien sûr d’un pays blessé
vivant entre l’arme du chasseur
et le chasseur insensible aux cris
tous ses fils tardent à casser les eaux
j’ai bien sûr une voix malade
qui a mal des cris
qui a mal de ses retards
qui a mal à sa patrie
qui a mal des méchantes chasses
sur sa peau de bois
au mitan des retards je vis
feignant les chevaux de bois
trottant dans les manques
brouhahas errements retentissant
à la mesure des cloches de bois
j’ai peur de cette voix
qui se dédouble en cheval de bois
en passe d’éclats
telle ma patrie qui nourrit ses ennemis
de spectacles et sensations
et surtout d’oublis
j’en veux parfois au retard
qui dans l’urgence m’enfonce
qui dans ma patrie m’enfonce
d’aimer davantage
de crier davantage
de vivre davantage
écoutez avec moi cette voix
qui arrive un peu trop tard
dans mes élans d’urgence
dans le sommeil des intelligences
dans les plaies en progrès
dans la peau des chevaux de bois
écoutez toute terre
qui chante l’évidence des fatigues
qui chante ses grandes fatigues
sous le poids de regards trop méchants
ma foi contre moi-même me frappe
me réclamant mes talents de cheval de bois
pour transporter ses urgences
vers le plafond des regards
vers les écrans lointains
vers mon corps éclaté vers tous les cieux
vers tous les mornes qui portent
sans mesure l’éclat de la plaie
ma passion est comme un cheval de bois
dans un pays trop froid
ses cris s’entendent violents
urgents de l’intérieur
dans un mouvement de retard
j’y réponds par un sourire d’amoureux
et ma timidité d’outre-mer
m’entendez-vous ?
